La croissance du royaume

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1. Introduction

L’interprétation de ce texte est difficile, car Jésus ne donne pas l’explication de ces paraboles. Selon la prophétie, il parle aux foules en paraboles pour dire des énigmes, des choses cachées depuis la création. Quand on lit les commentaires, on s’aperçoit rapideent que chacun interprète ces textes comme il l’entends avec des argumentations soignées.
Comment donc recevoir un texte qui à premier abord semble si mystérieux et innaccessible ? comment le comprendre en évitant de faire fausse route ?
L’évangile de Luc est très bref et n’apporte pas d’informations complémentaires par rapport à notre texte de Matthieu. Marc par contre inverse les deux paraboles et rajoute des précisions par rapport au levain.

2. Le grain de moutarde : grande croissance (extérieure)

Jésus veut illustrer la croissance extraordinaire du royaume des cieux. En partant de quelque chose d’insignifiant, il devient très grand et même accueillant.
Cette parabole du grain de moutarde nous parle des débuts humbles du royaume. Que ce soit dans l’histoire du salut ou même dans notre coeur ! La Bible donne plusieurs exemples qui suivent ce modèle de croissance :
- Moïse dans le berceau VS comment Dieu l’a utilisé !
- Jésus né dans la crèche à Béthléhem VS l’oeuvre “cosmique” qu’il a accomplie.
Le royaume de Dieu va grandissant jusqu’à son accomplissement. De la conversion jusqu’aux royaume céleste, on pourrait dire. Quand le Seigneur nous appelle et que nous l’écoutons en reçevant sa parole, alors la graine est semée dans nos coeurs. C’est la puissance de l’Évangile de vie !
Accepter de se laisser travailler par le Seigneur :
Nous avons vu dans les passages précédents l’importance de nous laisser travailler par le Seigneur pour devenir une bonne terre, propice au développement de la plante. À coup sûr, nous sommes de mauvais terrains. Mais en nous laissant purifier par le Seigneur et en acceptant que la Parole nous travaille profondément même si parfois c’est douloureux, le Seigneur pourra faire de nos coeurs un bon terrain pour la croissance de son royaume.
Comme on peut le lire dans l’évangile de Marc, le royaume grandit sans que nous ayons besoin de faire quoi que ce soit. Il grandit par lui-même en autonomie, par la force du Seigneur qui est pleinement suffisant pour l’étendre et le faire grandir. Il n’a pas besoin de notre recours pour cela !
Ne pas mépriser les petits commencements, la patience :
Parfois on ne discerne pas la croissance du royaume de Dieu. On peut mépriser le peu ! penser qu’on a pas assez de révélation et mépriser ce que le Seigneur donne. Avoir l’impression qu’il ne fait pas assez son oeuvre, ou pas assez vite. Car nous sommes impatients ! Mais ce n’est pas en méprisant ce que le Seigneur nous donne que nous aurons plus, mais en le respectant pourrait-on dire, au contraire. La Bible en parle en disant de ne pas mépriser les petits commencements.
Le royaume de Dieu grandit de manière lente mais assurée. Nous voudrions parfois que les choses aille plus vite que cela, et nous n’avons que peu de patience. Nous voudrions, comme les juifs à l’époque de Jésus, que le royaume de Dieu se manifeste de manière frappante et miraculeuse. Et quand nous voulons faire avancer les choses, souvent nous échappons à la conduite de l’Esprit.
Mais nous voyons dans la Parole que le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards.

3. Se purifier du levain

Le levain sert à faire lever et fermenter la pâte en même temps qu’il lui donne + de goût. Il était interdit aux Hébreux durant les sept jours de la Pâque et ne pouvaient offrir à Dieu de gâteaux levés ou miellés ou même avoir du levain chez eux. La Pâque passée, ils pouvaient recommencer à en utiliser. Le levain est une corruption de la pâte primitive. Il a toujours été l’emblème du péché qui peut être peu de choses en apparence, mais qui envahit, se propage et entraîne beaucoup dans la perdition.
Le levain représente tous les mauvais désirs et les mauvaises inclinaisons qui occupent beaucoup trop de place dans le coeur d’un croyant régénéré. C’est comme ça que Paul s’adresse aux Corinthiens (1Co 5.7,8). Nous avons besoin d’être ces pains sans levain de la pureté et de la vérité.
Dans les évangiles, ce levain est souvent celui des pharisiens : hypocrisie, méchanceté, incrédulité, propre-justice.
Le Seigneur mets en garde contre l’erreur et l’infidélité ; souvent ce sont des choses en apparence peu graves et insignifiantes, pas dangereuses. Mais n’oublions pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte !
Le péché est ainsi : il se fait passer pour innofensif. Qu’est-ce que ce peu de levain ? et par négligence, nous le mettons (certaines traductions précisent même “en secret”) dans la pâte et toute la pâte finit par lever. C’est une négligence qui conduit à la ruine. On minimise le péché “au fond, ce n’est pas si grave”, “j’ai bien la liberté de faire ça, on n’est pas sous la loi !”… Et par toute sorte de raisonnements on finit par bien souvent accepter la présence du péché dans nos coeurs, dans nos vies, dans l’Église, et on ne pense pas aux conséquences.
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