Re-pères
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Re-Pères. Pourquoi ce groupe ? De quoi est-ce que nous allons
parler ?
Je crois que notre société est en crise, dans de nombreux domaines et que ce n'est pas nouveau, que ce n'est pas lié à l'économie, la politique, ou l'écologie, même si, certainement, tous ces secteurs connaissent de nombreux bouleversements.
Je parle ici d'une crise de modèles, une crise de repères. Je dis cela pour plusieurs raisons : le monde est en mal d'influenceurs, de coachs de vie dans tous les domaines. Nos contemporains se cherchent sans cesse de nouveaux héros, que ce soit au cinéma ou dans la vraie vie, en politique, dans l'économie, la culture, la musique, etc.
Pour se construire, les hommes et les femmes, que nous sommes, ont besoin de modèles. C'est parfaitement normal, c'est même un gage d'humilité et d'honnêteté intellectuelle.
C'est pour cela que nous avons besoin de puiser dans la Bible, la Parole de Dieu, les ressources dont notre âme a besoin. Dieu ne nous a jamais abandonnés. Nous ne pouvons pas en dire autant. Reconnaissons-le et tournons nos cœurs vers Lui. II a les réponses, les clés, les codes - appelez cela comme vous voulez - pour nous aider à nous construire.
Ce groupe a pour objectif de nous aider à saisir quelques vérités et principes bibliques. Dieu a mis devant nos yeux des modèles, bons et mauvais, pour comprendre l'incidence de nos choix, de nos modes de vie.
J’aime la Bible parce que Dieu ne cache pas les failles de ses héros, ces hommes et ces femmes de la même nature que nous.
Elle les expose pour nous apprendre ce que nous devons savoir, dans la juste mesure de ce que nous devons savoir.
Ce qui est saisissant, c'est de voir que, malgré leurs imperfections, leurs défaillances, leurs limites, Dieu ne les a pas cachés ou éliminés et ils sont pour nous des repères. Dieu les a façonnés pour ça en partant de ce qu'ils étaient.
En créant ce groupe, j’ai fait un choix, celui de vous parler des ces hommes dans la Bible, que nous honorons, pour qui nous avons une saine admiration, mais qui sont, je le redis, de la même nature que nous.
Ils sont connus pour leurs exploits, pour leurs choix, leur foi, leur passion, moins pour leurs failles, leurs manquements, leurs péchés. Pourtant, ils ont connu les mêmes limites, les mêmes peurs, les mêmes besoins, les mêmes défis que nous.
Ils sont des hommes, des maris, des pères, et des Re-Pères pour nous. Pourquoi l'utilisation de ce mot, écrit de cette manière?
Pour attirer notre attention, spécifiquement sur le fait qu'ils sont des repères, des balises, des points d'ancrage pour nous, sans jamais se dérober à l'une de leurs fonctions, celle d'être père, d'avoir un rôle à jouer dans leur génération et leur foyer.
Je crois que tous, nous sommes appelés à être des repères de foi et pour nous, messieurs, également des pères dans la foi.
C’est cela être des Re-Pères pour notre génération, pour notre famille, notre foyer.
Des papas qui osent poser un cadre, qui assument d'être des repères et des pères, c’est-à-dire des gens qui affirment sans détour que notre foi nous pousse parfois à agir à contre-courant, à toujours prendre nos responsabilités, à ne pas fuir les difficultés, mais à y faire face, à engendrer la vie, la vraie, celle qui vient de Dieu et pour laquelle Il ne nous a pas laissés sans modèle.
Alors plongeons sans plus attendre dans la première histoire, afin d'être inspirés, challengés et encouragés à devenir, à notre tour, des Re-Pères pour notre génération.
Aujourd’hui, nous allons aborder l’histoire de Noé. Je pense que tout le monde connait Noé !
« C’est ce jour-là précisément que Noé, Sem, Cham et Japhet, les fils de Noé, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils avec eux étaient entrés dans l’arche »
Société Biblique de Genève, éd., La Bible Segond 21 (Romanel-sur-Lausanne, 2007), Gn 7.13.
Avez-vous déjà entendu l'expression
« Après moi, le déluge » ?
On prête cette expression à Louis XV, roi de France de 1710 à 1774 , qui, parlant de son dauphin, l'aurait employée pour dire qu'il se moquait complètement de ce qu'il pourrait faire après sa disparition.
Cette expression veut dire qu'on se moque de ce qu'il y aura après nous. On vit pour soi, ici et maintenant et, qu'importe ce qui suivra. Comme on ne sera pas là pour le voir, on n'y porte aucun intérêt.
La seule chose qui compte c'est MOI, JE, ce que je fais ici, ce que j'ai : mes choses, mes affaires, mon plaisir, mes droits, mes privilèges, mes revendications, etc.
On parle ici d’une personne Égocentrique, égoïste, voir même dans certain cas narcissique si cela devient problématique.
Cette perspective traduit beaucoup de fatalisme. Une personne qui prononce cette phrase n'a pas d'espoir, ne construit pas quelque chose, elle se laisse porter par la vie, par ses pulsions, par ses attentes, parce que la mort arrive, qu'il faut juste profiter de tout avant la fin et que le futur n'est pas glorieux, n'est pas bon, ne donne pas envie.
Heureusement que Noé na pas prononcé cette phrase « après moi le déluge » parce que, sinon, il n'aurait pas construit son arche, il n'aurait pas survécu et nous ne serions peut-être pas là pour en parler !
Seulement, voyez-vous, dans toutes les époques, génération après génération, depuis le livre de la Genèse, l'immense majorité des habitants de cette planète, même si ils ne le prononcent pas vit dans cette perspective-là : « après moi, le déluge ».
Pas d'espoir pour demain, il faut se faire plaisir aujourd'hui, il faut vivre replié sur soi, il faut consommer, il ne faut pas penser à demain.
Forcément, ça ne nous pousse pas à vivre comme Noé. Or, il y a un appel pour chacun d'entre nous, qui monte du cœur de Dieu, que Sa parole crie à qui veut bien l'entendre et qui est précisément celui-ci: « Vis comme Noé ».
Noé était un homme, un mari, un père, un Re-Père dans sa génération. Il était connu pour être un homme différent dans son époque :
« Cétait un homme juste et intègre dans sa génération, un homme qui marchait avec Dieu. » - Genèse 6:9
Noé vivait dans un monde où les gens étaient méchants, pervers et corrompus. Son contexte n'était pas propice à vivre sa foi de manière passionnée et flamboyante.
Tout ce qu'il incarnait était moqué, décrié, méprisé. Dans sa génération, on avait passé Dieu par-dessus bord.
Arrêtons-nous sur ces deux termes : juste et intègre.
« Juste » en hébreu, c’est le mot tsaddiyq (צַדִּיק): il s’agit d'être juste dans la conduite et le caractère, juste comme justifié et défendu par Dieu, correct et innocent.
J’aime cette notion de mode de vie, de caractère, qui est défendue par Dieu. Noé était capable de vivre de manière juste, parce qu'il avait compris que Dieu prenait sa défense.
Cela veut dire que ce n’était pas simple, pas sans difficulté, mais que Dieu était son défenseur. Mes amis, n'oublions jamais que, lorsque nous choisissons de vivre de manière juste, non corrompue, honnête et droite, Dieu est notre défenseur.
Le second terme, « intègre », vient du mot hébreu tamiym (תָּמִים) qui veut dire « complet, intègre, sans défaut, vrai, sincère ».
Je ne sais pas comment vous aimeriez qu'on parle de vous, mais moi, j'aimerais qu'on parle de moi en ces termes. Un homme complet, intègre, sans défaut, vrai, sincère... N'est-ce pas là un bon Re-Père pour nous ? N'est-ce pas ça, être un Re-Père aujourd'hui ?
Dieu nous montre comment Noé pouvait vivre à cette hauteur, avec ces standards : « Noé marchait avec Dieu. » Ça nous parle d'intimité, de proximité, d'écoute et de respect.
Noé était un homme qui poursuivait la présence de Dieu, il ne voulait pas passer à côté de celle-ci. Il avait compris que son besoin numéro 1 était d'être avec Dieu, de commencer ses journées avec Dieu, de traverser chaque journée avec Lui, d'être attentif, pour n'en perdre aucune miette, de Le reconnaître dans toutes ses voies pour que son sentier, même quand il est compliqué, soit aplani. Cette attitude de soumission peut bouleverser nos plans mais, au final, cela donne du sens à nos vies. Et c'est ce qui a fait passer Noé à l’action.
« Fais-toi un bateau avec des arbres résineux. Tu disposeras cette arche en compartiments et tu l'enduiras de poix dedans et
dehors. » - Genèse 6:14
Quand je lis la Bible, j'essaie toujours d'entrer dans l'histoire, de me mettre dans la peau des personnages, de comprendre, de saisir, de ressentir ce qu'ils ont ressenti.
J'imagine Noé, qui n'est pas un navigateur, qui n'a pas accès à la mer là où il vit, dont la culture n’est pas de construire des bateaux, quand Dieu vient vers lui pour lui demander d'en construire un. Comment a-t-il réagi ?
Moi, si Dieu me l'avait demandé, si j'avais été Noé, j'aurais dit :
« Seigneur, j'ai d'autres plans. J'ai des enfants à aider dans leur projet de vie, j'ai une épouse qui ne va jamais me laisser faire un truc pareil, je n’ai pas de compétences, ni de connaissances, j'avais plutôt prévu de faire autre chose, d'employer mon temps à un truc plus facile, plus fun, plus en phase avec mon contexte, donc non, pas de bateau. »
Objectivement, Noé n'est pas compétent.
Légitimement, Noé a de bonnes raisons de refuser d'obéir.
Naturellement, Noé a d'autres choses à faire.
MAIS spirituellement, Noé se laisse bouleverser...
Dieu a un plan pour celui ou celle qui marche dans l'intégrité et la justice, pour celui ou celle qui marche avec lui.
Non, nous n’allons pas construire chacun un bateau en prévision du déluge.
Mais Dieu appelle celles et ceux qui marchent avec Lui à se mettre à Son service. La réalité spirituelle est la suivante : alors que je marche avec Dieu, alors que j'ai trouvé grâce en Lui, et qu'il me rend capable d'être juste et intègre dans ma génération, Sa voix m'appelle à considérer Son plan pour sauver ce qui peut être sauvé dans ma génération. Sa voix m'appelle à être un Re-Père dans ma génération, quelqu'un qui incarne un modèle différent, qui est l'écho de Dieu ici-bas.
En quoi construire un bateau avait du sens dans la vie de Noé à ce moment-là de l'histoire ? Ça n'a pas plus de sens que de préparer des soirées, des week-ends, pour servir les enfants, les jeunes, les aînés, les célibataires, les couples, l'église, d'une manière générale.
Ce n'est pas le seul moyen. Nous pouvons briller dans la société, là où Dieu nous place, dans nos études, notre métier, notre quartier, notre immeuble, partout.
Mais l'église est un bateau, une arche, un édifice en construction.
Jésus a dit à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre JE bâtirai mon église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle. » - Matthieu 16:18.
Pierre sest laissé gagner par les paroles de Jésus, ça a bouleversé ses plans, certes, mais ça a donné du sens à sa vie. Comprenez-moi, tout le monde ne vivra pas ce que Noé a vécu, ni ce que Pierre a vécu, mais chacun de nous est appelé à mettre au service des autres, à disposition des autres, ce que Dieu lui a donné, dans la sphère où c'est possible, dans le temps où c'est possible.
Nous avons parfois cru que nous avions mieux à faire, les raisons légitimes de ne pas nous y mettre, prévu naturellement autre chose.
Mais il y a un appel à considérer le chantier et, chacun pour sa part, à prendre ou reprendre les outils pour bâtir avec Jésus, que ce soit notre identité, mais aussi notre rôle de mari, de père, de serviteur dans l'église.
Parfois les gens se posent la question de leur appel. Pour certains, c’est évident, ils ont une grande révélation de ce qu'il faut accomplir, c’est ici, comme ça, là, maintenant. C'est ce qu'a connu Noé: construire un bateau de telle taille, avec de tels matériaux, de telle manière, etc.
Mais parfois on ne sait pas, on n'a aucune idée du plan, et pourtant on reste juste, intègre et on marche avec Dieu.
En terminant, je propose simplement ceci : ouvrons nos yeux et nos oreilles aux besoins et répondons, à la hauteur de ce que nous pouvons, aux besoins dans la perspective de l'arche, dans la perspective de ce que Jésus est en train de construire, dans la perspective que nous pouvons participer comme simples ouvriers à la construction.
Pendant plusieurs dizaines d'années, Noé a travaillé dur, coupé du bois, assemblé des planches, fait de l'étanchéité, dans un lieu où il n'y a pas la mer, dans un endroit où tu ne peux même pas tester le bateau.
Il n'avait pas les compétences, il n'avait pas accès à des tutos YouTube ou des blogs qui expliquent comment faire. Il n'avait pas les ressources humaines quand il a commencé et il n’avait pas prévu ça pour sa vie.
Mais il avait une promesse : « Fais-moi confiance, je vais vous sauver, ta famille et toi, vous allez passer à travers ce qui va s’abattre sur la terre. »
Noé a placé sa foi dans l'Alliance faite par Dieu. Il savait que Dieu ne pourrait pas mentir, le tromper, le décevoir.
Pour conclure, je ne sais pas vous, mais je veux, comme Noé, entendre la voix de Dieu qui m'appelle à considérer le plan de salut pour ma génération et travailler humblement à ce que je peux faire en ayant foi dans les promesses.
Les saisons de vie sont ce qu'elles sont mais nous devons rester focalisés sur le fait que nous voulons marcher dans la justice et l'intégrité. C'est ainsi que nous verrons les promesses s'accomplir pour nous, pour notre famille, pour ceux qui sont autour de nous et pour lesquels nous serons devenus de véritables Re-Pères.
Je crois que Noé n'a pas travaillé toutes ces années comme un forcené pour sauver des girafes seulement, mais bien pour sauver sa famille.
Le jour où il a entendu Dieu lui dire : « Entre dans l'arche avec toute ta famille, car je t'ai vu comme juste devant moi dans cette génération », j'imagine Noé, cet homme, ce mari, ce père, ce RePère pour sa génération, nous dire :
« C'est possible, toi aussi tu peux être un Re-Père dans ta génération. Marche dans mes pas. »
