REDÉCOUVRIR LE COEUR DU PÈRE

FÊTE DES PÈRES  •  Sermon  •  Submitted   •  Presented
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En ce matin de fête des pères j’aimerai ouvrir l’Écriture avec vous sur la plus belle des images de Papa qu’on retrouve dans l’Écriture, celle de Dieu lui-même.
Paul le dit dans sa seconde épitre aux Corinthiens :
2 Corinthians 6:18 SER
18 Je serai pour vous un père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le Seigneur tout-puissant.
Aujourd’hui d’appeler Dieu notre Père est quelque chose de logique, d’automatique, je dirai même de liturgique. Pourquoi ? Parce que nous avons appris et grandi en appelant Dieu notre. Cependant, à l’époque de Jésus d’appeler Dieu Abba c-à-d. Père a été quelque chose de choquant pour les plus religieux :
Pourquoi ? Parce que le judaïsme du Second Temple (l’époque de Jésus) insistait sur :
Parce que dans la tradition juive, Dieu est saint, transcendant, inaccessible.
On ne disait pas “Abba” (Papa) à Dieu. Cela semblait irrévérencieux, choquant, trop intime.
Appeler Dieu “mon Père”, c’était revendiquer une égalité, une proximité unique et impossible.
Et à cause de cela d’entendre dans la bouche de Jésus ce mot Père ou plus littéralement “papa” quand il parlait de Dieu a été un sujet de scandale :
John 5:18 SER
18 A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il disait que Dieu était son propre Père, se faisant ainsi lui-même égal à Dieu.
Pourtant Jésus était venu nous reveler cette grande réalité : Dieu ne voulait pas être seulement un maitre, un Dieu lointain, un Seigneur qu’on doit suivre mais véritablement un Père comme le déclare Paul “je serai pour vous un père”.
Et si je vous parle du contexte ce matin c’est parce qu’aujourd’hui la done s’est inversé : entendre Dieu appelé Père est devenu tellement naturelle, même les inconvertis savent qu’on croit en Dieu le Père. Cependant, le sens du mot Père s’est perdu, on a fait du mot Père un titre à Dieu et non un terme caractéristique de sa position et de notre relation.
C’est pourquoi j’aimerai ce matin redécouvrir avec vous le coeur du Père au travers de la parabole du Fils prodigue.
Et pendant que vous cherchez la référence, j’aimerai souligner ce trait important dans cette parabole :
Dans ce récit, le problème, ce n’est absolument pas le Père… ➡️ C’est la manière dont les fils le perçoivent.
L’un part parce qu’il croit que la liberté est ailleurs.
L’autre reste, mais vit comme un serviteur frustré.
😥 Résultat : Ni l’un ni l’autre ne vit la joie de la maison. Pourquoi ? Parce qu’ils ne connaissent pas vraiment le cœur du Père.
Et c’est le fil rouge de tout mon message. Faute de réaliser pleinement le coeur du Père nous passons à coté de notre épanouissement dans la maison.
Luke 15:11–32 LSG
11 Il dit encore: Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père: Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. 13 Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. 14 Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. 15 Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les pourceaux. 16 Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. 17 Étant rentré en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim! 18 Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, 19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils; traite-moi comme l’un de tes mercenaires. 20 Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. 21 Le fils lui dit: Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. 22 Mais le père dit à ses serviteurs: Apportez vite la plus belle robe, et l’en revêtez; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds. 23 Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous; 24 car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir. 25 Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu’il revint et approcha de la maison, il entendit la musique et les danses. 26 Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c’était. 27 Ce serviteur lui dit: Ton frère est de retour, et, parce qu’il l’a retrouvé en bonne santé, ton père a tué le veau gras. 28 Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d’entrer. 29 Mais il répondit à son père: Voici, il y a tant d’années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. 30 Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c’est pour lui que tu as tué le veau gras! 31 Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi; 32 mais il fallait bien s’égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, parce qu’il était perdu et qu’il est retrouvé.

(1) UN PÈRE BON QUI RESPECTE NOTRE LIBERTÉ (v.11-13)

1.1 CELUI QUI NE RETIENT PAS MAIS QUI RELACHE

Dans la culture juive du Ier siècle :
La répartition de l’héritage ne se faisait qu’après la mort du père (cf. Deutéronome 21.17).
Le fait que le fils cadet demande sa part avant le décès revient à dire implicitement : 👉 “Je préfère que tu sois mort. Ce qui m’intéresse, c’est ton argent, pas toi.”
➡️ C’est une insulte grave, une atteinte à l’honneur du père. Dans une société juive basé sur l’honneur, ce genre de comportement aurait dû entraîner :
Une expulsion immédiate,
Voire une lapidation symbolique dans certains villages conservateurs,
En tout cas une rupture irréversible.
🛑 Or, que fait le Père ? Il accepte. Il ne crie pas. Il ne rejette pas. Il partage.
Ce silence n’est pas une faiblesse, c’est la grandeur d’un amour qui supporte l’ingratitude.
C’est pourquoi dans ce texte, le comportement du fils est scandaleux, mais celui du Père l’est encore plus — parce qu’Il agit d’une manière qui révèle un amour inconcevable pour l’époque.
Il ne retient pas le fils, il ne le maudit pas, ne le blame pas, il accepte son désir de liberté.

1.2 LA LIBERTÉ DE L’HOMME

J’aimerai nous inviter à reconsidérer notre regard du Père céleste ce matin.
Une des choses les plus incroyables dans la création que Dieu a faite de l’homme c’est la liberté qu’il a donné à l’homme. Dieu, dans sa souveraineté absolue, a choisi de créer des êtres capables de dire “oui”… ou “non” à son amour.
Cette liberté est fondamentalement un risque pour Dieu, mais elle est aussi la preuve de son amour véritable.
Dans le jardin d’Eden :
Genesis 2:16–17 SER
16 L’Éternel Dieu donna ce commandement à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; 17 mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.
Dieu place l’homme dans un jardin de liberté. Il offre tout, mais place un choix moral : 👉 L’amour ne peut exister sans liberté.
Il aurait pu programmer Adam pour qu’il n’ait qu’un seul choix : Lui obéir.
Mais alors Adam ne serait pas un fils, mais une marionnette.
➡️ L’amour que Dieu veut de nous est un amour librement choisi.
Dans le désert avec le peuple d’Israël :
Deuteronomy 30:19 SER
19 J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance,
Dieu, à travers Moïse, ne force pas Israël, même après tous les miracles. Il place une option et appelle à une décision personnelle.
➡️ Dieu ne contraint pas. Il conseille, il avertit, il appelle… mais il laisse libre.
Dans le N.T avec le jeune homme riche :
Matthew 19:21–22 SER
21 Jésus lui dit : Si tu veux être parfait va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, et suis-moi. 22 Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens.
Jésus ne court pas derrière le jeune homme riche. Il invite, mais il respecte le choix.
🎯 Le cœur de Dieu n’est pas manipulateur. Il propose l’amour, mais ne l’impose pas.
💥 Aujourd’hui beaucoup disent :
“Si Dieu m’aimait, Il ne m’aurait pas laissé tomber dans tel péché, prendre un tel chemin, faire telle ou telle erreur, me laissser tomber dans telle souffrance…” Mais la vérité : c’est parce qu’Il t’aime qu’Il t’a laissé libre — même au risque que tu fasses de mauvais choix.
💡 La grandeur du Père, ce n’est pas de contrôler, c’est d’aimer même quand tu pars.
🥲 Dieu souffre de ton éloignement, mais Il ne t’empêche pas d’être libre. Et sa joie est d’autant plus grande quand tu choisis de revenir.

1.3 UN PÈRE QUI ATTEND

L’évangile ne dit pas que le Père a maudit le fils ou prononcé un bannissement. Non, il reste disponible, le cœur ouvert, le regard tourné vers l’horizon.
➡️ L’attente commence. Une attente active. Le reste du récit nous montre qu’il guettait le retour. Il ne tourne pas la page.
🎯 C’est un amour qui attend, espère, croit, endure… (1 Corinthiens 13.7)
Ce Père, c’est Dieu. Il ne t’a jamais empêché de partir. Mais il ne t’a jamais cessé d’aimer.
Si tu te demandes pourquoi Dieu t’a laissé t’éloigner, la réponse est là : ➡️ L’amour ne se prouve pas dans la contrainte, mais dans la liberté offerte et la joie du retour.

(2) UN PÈRE COMPATISSANT QUI ACCUEILLE SANS CONDAMNER (v.17-24)

2.1 UNE COMPASSION QUI SURPASSE TOUT

Le fils prodigue rentre, honteux, souillé, prêt à être esclave. Ce qu’il s’attend à trouver, c’est un père froid, méprisant, qui lui dira : “Tu as eu ce que tu méritais.” Mais il découvre un père qui court, qui embrasse, qui restaure.
Dans le texte, le père voit son fils de loin, avant que celui-ci n’ait parlé.
Le verbe grec σπλαγχνίζομαι (splagchnizomai) signifie “être remué dans ses entrailles”. C’est la plus forte expression d’empathie dans la Bible.
C’est le même mot utilisé pour Jésus quand il voit les foules sans berger (Marc 6.34) ou pleure devant le tombeau de Lazare (Jean 11.33).
➡️ Dieu n’attend pas ta repentance pour t’aimer, Il t’aime avant, pendant, après.
À l’époque :
Un homme âgé ne courait jamais. Cela signifiait perdre sa dignité.
Surtout pas pour accueillir un fils déshonorant.
👉 Pourtant le Père court. Pourquoi ?
Parce qu’il y avait dans la culture juive une tradition appelée le “kezazah” : si un fils dilapidait l’héritage chez les païens, les anciens du village pouvaient le briser symboliquement en cassant une cruche devant lui pour dire : “Tu es coupé de ta communauté.”
➡️ En courant, le père devance les jugements des autres. Il proclame le pardon avant le rejet.

2.2 LA PUISSANCE DE LA GRÂCE

Certains chrétiens vivent comme des esclaves repentants, mais pas comme des fils restaurés.
➡️ Pourquoi ? Parce qu’ils croient à la miséricorde de Dieu de manière conditionnelle : “Il me tolère, mais Il ne m’accueille pas pleinement.”
J’étaye mon propos : en faite bien qu’ayant accepté Jésus certains vivent encore avec la culpabilité d’antan, ils ne se sentent pas digne, même parfois face à certaines promesses ou certaines paroles de Dieu on finit par se dire qu’on n’est pas assez bon pour obtenir.
On croit à la grâce de Dieu mais on ne saisi pas toute sa profondeur et sa puissance. Le fils prodigue n’a rien eu d’autre à faire que revenir chez le Père. Tout le reste vient du Père!
➡️ Pourquoi ? Parce qu’au fond, il ne se sent pas fils. Il vit encore avec une mentalité d’orphelin, alors qu’il a été adopté.
A cause de notre filiation en Jésus, à cause de l’amour de Dieu et de sa grâce nous avons accès à tout ce qui se trouve dans la maison.

2.3 LA RESTAURATION COMPLÈTE

Le fils veut être esclave. Le père le revêt comme un fils :
La plus belle robe : l’honneur retrouvé.
L’anneau : symbole d’autorité et d’identité.
Les sandales : les esclaves étaient pieds nus, les fils portaient des sandales.
Le veau gras : réservé aux grandes fêtes — signe de joie débordante.
📌 Cette restauration est totale, publique et sans réserve.
L’Écriture regorge de mention rappelant la grandeur de la compassion de Dieu envers nous :
David dit : “Tu ne méprises pas un cœur brisé et contrit” (Ps. 51.19).
Ésaïe prophétise : “Même si vos péchés sont rouges comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige.” (És. 1.18)
Zacharie voit un souverain sacrificateur couvert de vêtements sales, et Dieu ordonne : “Ôtez-lui ses vêtements sales !” (Zacharie 3.3-4)
💥 Ce matin je veux te rappeler : Dieu ne te laisse pas dans la boue. Il court pour te relever. Il change ta tenue. Il restaure ton autorité.

(3) UN PÈRE GÉNÉREUX QUI DÉSIRE PARTAGER SA JOIE

3.1 LE PÈRE QUI POURVOIT

La parabole ne parle pas seulement du pardon du Père, mais aussi de sa générosité débordante envers tous ses enfants :
Le fils prodigue revient, et il reçoit plus qu’il n’aurait osé espérer.
Le fils aîné, bien qu’aigri, avait déjà “tout” à disposition.
Même les serviteurs vivent dans une maison d’abondance, à tel point que le fils prodigue se dit :
“Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance !” (v.17)
Le Père n’est pas seulement bon pour ses fils — même ses serviteurs mangent à leur faim et dans la dignité. Cela signifie que la maison du Père est un lieu d’abondance, de sécurité, et de provision.
📖 Dans la Bible, Dieu se révèle comme :
Jireh — Le Dieu qui pourvoit (Genèse 22.14),
Celui qui fait pleuvoir sur les justes et les injustes (Mat. 5.45),
Celui qui prépare une table en face de mes adversaires (Ps. 23.5).
➡️ Si je vois Dieu comme un Dieu avare, je vivrai toujours dans la peur du manque. Mais si je Le vois comme un Père généreux, je vivrai dans la paix et la confiance.

3.2 UN PÈRE QUI PARTAGE SA JOIE EN PLUS DE SES BIENS

Le pardon est fêté. Le retour est célébré. ➡️ Le cœur du Père prend plaisir à la vie retrouvée.
La joie du Père est la réponse naturelle au retour du fils. Il ne fait pas une simple réception froide — il fait une fête débordante !
👉 Et ce n’est pas une fête pour Lui seul, c’est une fête à laquelle Il veut nous associer.
📖 Jésus dira :
John 15:11 SER
11 Je vous ai parlé ainsi, afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.
➡️ Dieu ne donne pas seulement de quoi vivre — Il veut partager avec toi la plénitude de Sa joie. Dieu veut partager Sa joie, Sa richesse, Sa présence.

3. UN PÈRE QUI DONNE SANS COMPTER

Le fils cadet recoit de nouveau tout lorsqu’il revient à la maison alors même qu’il a dilapidé les biens du Père. Le fils ainé lui a tout à sa disposition. Il n’y a aucun calcul dans le coeur du Père, il donne sans compter. Pourtant :
Rien de ce que le fils cadet reçoit n’est mérité. Rien de ce que le fils aîné possède n’est exploité.
Ce que nous recevons du Père n’est pas selon notre ancienneté, mais selon notre capacité à croire et à recevoir.
💡 Cela nous enseigne que la maison du Père est pleine de ressources que beaucoup ne reçoivent pas, non parce qu’elles ne sont pas disponibles, mais parce qu’elles ne sont pas reconnues ni demandées.
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