UNE MARCHE DIGNE
LA MARCHE CHRÉTIENNE • Sermon • Submitted • Presented
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Ce matin nous allons ouvrir la 5ème série sur l’épitre aux Éphésiens qui nous suivra sur tous les dimanches de septembre. Comme annoncé, nous allons nous intéressé à la marche chrétienne.
Vous pouvez déjà aller dans le texte de référence d’Éphésiens 4.1-16.
Marcher est une métaphore déjà très présente dans l’A.T pour parler de la conduite. Il est écrit :
Qqu’Hénoch marcha avec Dieu ;
que Noé marchait avec Dieu
on connait aussi bien ce texte de Michée 5.8 : “ce que l'Eternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu.”
où même le Psaume 1 : “Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants”
Tout cela pour appuyer le faIt que la marche est une métaphore bien ancrée dans l’Écriture qui nous parle de la conduite.
Et l’épître aux Éphésiens qui se veut être theologico-pratique est une des épîtres où Paul utilise souvent la notion de marche. C’est ce que nous allons developper au fur et à mesure des dimanches. Et ce matin, nous allons nous intéresser à “une marche digne”.
1 Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, 2 en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, 3 vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. 4 Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; 5 il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. 7 Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. 8 C’est pourquoi il est dit: Étant monté en haut, il a emmené des captifs, Et il a fait des dons aux hommes. 9 Or, que signifie: Il est monté, sinon qu’il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre? 10 Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. 11 Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, 12 pour le perfectionnement des saints en vue de l’oeuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, 13 jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, 14 afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, 15 mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. 16 C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité.
il est bon de comprendre le contexte dans lequel Paul nous a laissé ces mots. Dans les 3 premiers chapitres, il a pris le temps de poser les fondements bibliques de ce que nous sommes dans les trois premiers chapitres – on le voit dans la répétition des « en lui nous sommes » (36x dans l’épitre aux Éphésiens) :
- Nous sommes bénis, élus, prédestinés à être ses enfant, adoptés, lavés de nos péchés, réunis en Christ, héritiers, scellés par l’Esprit, ressuscités, assis ensembles dans les lieux célestes, concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu, etc.
En conclusion de cet éventail de ce que nous sommes, Paul conclu en précisant ce que nous sommes collectivement :
« Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saintdans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit. »
#1. LA MARCHE CHRÉTIENNE
#1. LA MARCHE CHRÉTIENNE
1.1 LA NOTION DE D’AXIOS
1.1 LA NOTION DE D’AXIOS
Bien plus que simplement une invitation à marcher, Paul souligne un aspect primordial : « marcher d’une manière digne de la vocation ».
Le mot digne « axios » dans le texte original signifie « de poids égal ». Cela ne fait donc pas référence à la dignité en tant que telle, mais plutôt à l’idée de « ce qui est approprié à ».
Paul amène donc l’Église à comprendre qu’il doit avoir un équilibre (poids égal) entre ce que nous sommes et la façon dont nous marchons !
J’utilise une petite image pour illustrer mon propos :
Avez-vous déjà vu les corps militaires de différents pays marcher ? Étrangement, alors que les corps d’armée britanniques et français peuvent avoir les mêmes fonctions, ils ont une marche très différente.
Nous étions il y a quelques mois à Londres dans un jour de fête nationale, et je peux vous assurer qu’aussi beau que cela puisse être l’armée britannique ne marche pas de la même façon que l’armée française le 14 juillet.
Impossible donc de prendre le meilleur des soldats français et de le faire marcher au milieu d’une armée étrangère sans que ce soit un terrible spectacle. Du pays dépend la marche, la cadence, le pas, la musique, la tenue, etc.
De la même façon, frères et sœurs, notre identité, ce que nous sommes en Jésus implique une manière de marcher. Nous suivons le Roi des rois, Jésus-Christ, nous marchons dans ses pas, et notre marche doit être en équilibre avec ce que nous professons être.
On peut feindre être chrétien, mais notre marche révèlera ce que nous sommes.
1.2 l-MARCHER ENSEMBLE
1.2 l-MARCHER ENSEMBLE
Je pourrais citer plein d’item sur la façon de marcher, mais pour j’aimerai rester coller au texter d’Éphésiens 4. Il me semble que Paul met l’emphase sur une caractéristique précise de la marche : marcher ensemble, marcher dans l’unité !
Rappelons-nous que juste avant d’ouvrir ce volet pratique, Paul vient tout juste de préciser : « En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit. ».
C’est la raison pour laquelle il ajoute aux vertus qui stimulent la marche, la nécessité de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. Mais aussi, qu’il prend le temps d’insister sur l’unité dans la sainte trinité dans ses 7 répétitions de « un seul » :
« un seul corps ; un seul Esprit, à une seule espérance ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. »
On pourrait également faire le parallèle avec le texte de Philippiens où Paul réutilise ce sens de l’unité comme la manière appropriée de marcher :
« Conduisez-vous d’une manière digne de l’Évangile de Christ, afin que, soit que je vienne vous voir, soit que je reste absent, j’entende dire de vous que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant d’une même âme pour la foi de l’Évangile, sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires, ce qui est pour eux une preuve de perdition, mais pour vous de salut ; » Philippiens 1.27-28
Et plus loin il ajoute : « rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. » Philippiens 2.2
J’insiste ce matin : la marche appropriée du peuple de Dieu est une marche dans l’unité. Comme l’armée de Dieu, nous sommes appelés à marcher dans l’unité, au même pas, à la même cadence, et sous les ordres du seul maître : Jésus-Christ.
#2. LES VERTUS QUI STIMULENT LA MARCHE
#2. LES VERTUS QUI STIMULENT LA MARCHE
J’aimerai prendre encore un peu de temps, et voir avec vous les vertus qui stimulent la marche ou en d’autres termes : l’attitude qui favorise la marche dans l’unité.
« à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience… »
2.1 L’HUMILITÉ
2.1 L’HUMILITÉ
La première vertu est l’humilité. Paul nous appelle à marcher en toute humilité.
Reconnaissons-le, ce n’est pas la vertu que nous préférons. Cependant, il est impossible de marcher dans l’unité sans vivre l’humilité. Sans humilité nous allons chercher la performance individuelle, nos intérêts, notre réussite, etc. À l’image de notre société, nous serons plus préoccupés par nous que par les autres, notre bien-être plutôt que celui de l’autre.
Dans le texte parallèle de Philippiens, Paul fait la même remarque :
« Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. » Philippiens 2.3-4.
Wow ! Étonnant et totalement en opposition avec la pensée de ce siècle. Mais comment avancer telle une armée sans se préoccuper des autres ?
En toute franchise, cela reste assez difficile à vivre et pratiquer.
Paul nous donne la référence ultime quant à l’humilité dans Philippiens ; il lie la marche digne à l’exemple de Jésus :
« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal à Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé… » Philippiens 2.5-9a
En étant sincère ce matin, demandons au Seigneur : apprends-moi l’humilité, apprends-moi à regarder l’autre comme étant supérieur à moi, apprends-moi à ne pas toujours considérer mes intérêts comme étant supérieur. Seigneur aides-moi !
2.2 LA DOUCEUR
2.2 LA DOUCEUR
Autre vertu laissé par Paul favorisant l’unité dans la marche : « marcher dans la douceur ».
Cette vertu est assez complexe car dans notre langage elle n’est pas attachée à un aspect toujours positif. Quand on parle de quelqu’un en disant qu’il est doux c’est parfois à double tranchant : soit cela qualifie sa douceur dans ses rapports, soit son manque de poigne.
Cependant, dans le texte présent la douceur nous parle de notre aptitude à nous maitriser. John STOTT disait que la douceur c’est la gentillesse du fort capable de contrôler sa force.
Certains exégètes notent même que le terme utilisé pour parler de la douceur pouvait aussi bien être attaché aux animaux sauvages qu’on apprivoisait. A l’exemple des chevaux, qui même apprivoisés conservent toutes leur force, mais leur volonté est soumise à celle du maitre.
De même, il semblerait que pour nous croyant la douceur c’est la force contrôlée, la puissance sous le contrôle du maitre.
Comme pour l’humilité, il est impossible de marcher dans l’unité sans apprendre la douceur. Faute de maitrise, de contrôle dans notre marche chrétienne nous risquons d’heurter, de blesser, de décourager les autres.
Proverbes 15.1 : « Une réponse douce calme la fureur, Mais une parole dure excite la colère. »
Permettez-moi d’ajouter que Jésus lui-même lorsqu’il parle de lui se décrit comme étant « doux et humble de cœur » Mt 11.29. Il savait manier le fouet dans le Temple, et être plein de maitrise sur la croix. Il est exemple parfait vers qui accouraient les chefs et les grands du royaume, comme les petits enfants et les pauvres.
N'avons-nous pas besoin frères et sœurs de grandir dans cette vertu, d’apprendre à être comme Jésus doux et humble de cœur ?
2.3 LA PATIENCE
2.3 LA PATIENCE
Avant dernière vertu la patience.
Littéralement le mot patience dans le texte est la combinaison de deux termes : makros qui envoi l’idée de quelque de chose de loin; et thumos « colère / irritation ». On aurait donc pu traduire littéralement lent à la colère.
Cette image est belle et va au-delà même du simple fait d’attendre. Elle met en évidence la capacité du croyant à avoir un souffle long, surtout dans les temps de tension.
Pour tenter d’expliciter cette vertu, réfléchissons à son contraire : quand vient un temps de tension, le souffle court fait qu’on réagit tout de suite. Manquant de recul, et de longueur de narine, à peine une situation arrive qu’on réagît – du tac au tac.
Et on le comprend bien dans le contexte de la marche ensemble dans l’unité. Les uns et les autres ont « parfois » cette fâcheuse capacitée de faire monter la pression chez nous… Et, il est indispensable d’avoir la capacité à prendre une grande respiration pour ne pas briser d’un quart de main l’unité.
Savez-vous que c’est la même image en hébreu qui est utilisé dans Exode 34.6 pour parler de Dieu : « L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, … »
Lent à la colère = « Erek apayim » : lit. Long de narine ou on comprend cette même idée le Dieu qui a le souffle long.
L’Éternel n’a pas le souffle court, il ne réagit pas avec fracas dès qu’une situation de crise arrive. Il a du recul, il est aimant et doux, il est lent à se mettre en colère.
À l’image de l’Éternel nous avons besoin d’être rempli de patience, d’avoir ce souffle long, ce recul, afin de ne pas exploser ou sur-réagir dans les situations de crise. Faute de patience, nous risquons de briser l’unité.
2.4 L’AMOUR
2.4 L’AMOUR
La fin du verset 2 décrit l’expression concrète d’une telle attitude de patience : « supportez-vous les uns les autres avec amour ». Le verbe « se supporter » évoque non pas le soutien ou l’appui que nous nous apportons fréquemment les uns aux autres (qui est certes également requis), mais plutôt la tolérance mutuelle que nous devons mettre en œuvre dans la communauté, qui est particulièrement indispensable lorsque des tensions et des conflits éclatent.
Paul a donc en ligne de mire un amour particulier, qui est tout le contraire de l’amertume et de la vengeance personnelle. Ces attitudes néfastes représentent un danger constant pour l’Église et pour chacun d’entre nous. Paul est certes un grand théologien, mais il est aussi un pasteur expérimenté et réaliste. Son propos est d’un grand secours dans toute situation tendue ou conflictuelle.
#3. L’UNITÉ À CONSERVER
#3. L’UNITÉ À CONSERVER
3.1 CONSERVER CE QUI EST ÉTABLI PAR DIEU
3.1 CONSERVER CE QUI EST ÉTABLI PAR DIEU
J’aimerai conclure avec ce dernier point que je ne développerais pas mais qui servira d’ouverture. Paul nous présente la source de cette unité en conclusion de son exhortation à marcher en adéquation avec ce que nous sommes. S’il nous appelle à être unis, il conclut en rappelant que cette unité est inhérente au Dieu trinitaire que nous servons et croyons.
« Il y a un seul corpset un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. »
L’unité est inhérente à la personne même de Dieu et à l’œuvre qu’il opère en nous, et au sein de l’Église.
C’est pourquoi, toutes les vertus présentées : humilité, douceur et patience se retrouvent aussi en Dieu. Il est le Dieu de l’unité, et il est celui qui bâtit dans l’unité.
Ainsi, aussi simplement que cela puisse paraître, plus nous serons semblables à lui, plus nous serons unis les uns aux autres. C’est même ainsi que Jésus prie : « qu’ils soient uns comme nous sommes uns ».
Dieu est le modèle d’unité, son Esprit est l’agent qui nous lie, et Jésus est le chemin par lequel nous pouvons vivre l’unité. Approchons-nous de Jésus, affectionnons des choses d’en-haut, laissons l’Esprit transformés nos cœurs, et nous brilleront par l’unité.
3.2 CONSERVER IMPLIQUE DES EFFORTS
3.2 CONSERVER IMPLIQUE DES EFFORTS
L’unité ne survient jamais dans une Église locale par hasard, ni par accident. Elle se travaille. Paul somme les Éphésiens de « s’efforcer » de la maintenir en leur sein.
3.3 UNITÉ DANS LA DIVERSITÉ
3.3 UNITÉ DANS LA DIVERSITÉ
Dans notre texte (versets 7-16), il élargit cette réflexion sur l’unité pour intégrer également les notions de diversité et de maturité.
il est question de ce que « chacun » a reçu.
Paul traite de diversité jusqu’au verset 11 (donc de 7 à 11), puis il revient sur le thème de l’unité dans les versets 12 à 16. Ce mouvement suggère que la diversité contribue à l’unité.
Dans les versets 7 à 11, Paul parle de « dons » à l’Église et de grâce offerte :
–verset 7 : « chacun de nous a reçu la grâce de Dieu »,
–verset 7 : « la part que Christ lui donne »,
–verset 8 : « il a fait des dons aux hommes »,
–verset 11 : « C’est lui qui a fait don de certains… ».
Premièrement, Christ donne une part à chacun dans son œuvre. Il vous appelle à jouer un rôle précis et nécessaire dans l’Église. Deuxièmement, Dieu vous accorde sa grâce pour que vous parveniez à jouer ce rôle de manière efficace, avec persévérance. Apprenons à exploiter et à manier la grâce mise à notre disposition.
