RELATIONS PROFESSIONNELLES
RELATIONS TRANSFORMÉES • Sermon • Submitted • Presented
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Nous arrivons au terme de cette série de trois messages sur les relations transformées. Sur la base de l’épître aux Éphésiens nous avons vu ensemble : les relations de couple et l’harmonie dans la cellule familiale. Et, ce soir, nous allons réfléchir sur les relations professionnelles.
Partant d’une réalité de son époque qu’est l’esclavage Paul va donner quelques principes éthique quant à l’exercice du travail.
Avant d’aller plus loin j’aimerai insister sur le fait qu’il ne faut pas voir dans ce système d’esclavage le modèle que nous avons pu connaitre à La Réunion. N’imaginons pas la situation qu’évoque Paul selon l’image que nous nous faisons, par exemple, de l’esclavage afro-américain tel que nous avons pu le voir au cinéma. Du temps de Paul, l’esclavage n’était fondé ni sur l’origine ethnique ni sur la couleur de la peau.
Les esclaves étaient fort nombreux dans l’Empire romain. Certains étaient des prisonniers de guerre, d’autres se faisaient esclaves en échange de l’annulation d’une dette impossible à rembourser. Certains esclaves accomplissaient des tâches domestiques ou manuelles, par exemple en tant que cuisiniers ou fermiers. D’autres étaient enseignants, administrateurs, médecins. Beaucoup d’esclaves se voyaient confier des tâches également accomplies par des hommes libres.
Paul ne légitime pas l’injustice : il plante une éthique du Royaume dans des structures humaines existantes. Son principe-clé est simple et révolutionnaire pour tout chrétien au travail : « fais ton travail comme pour le Seigneur » (ὡς τῷ Χριστῷ — hôs tō Christō).
5 Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre coeur, comme à Christ, 6 non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de bon coeur la volonté de Dieu. 7 Servez-les avec empressement, comme servant le Seigneur et non des hommes, 8 sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon ce qu’il aura fait de bien. 9 Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux, et que devant lui il n’y a point d’acception de personnes.
#1. LE SENS SPIRITUEL DU TRAVAIL
#1. LE SENS SPIRITUEL DU TRAVAIL
1.1 DIEU S’INTERESSE À NOTRE MANIÈRE D’EXERCER NOTRE TRAVAIL
1.1 DIEU S’INTERESSE À NOTRE MANIÈRE D’EXERCER NOTRE TRAVAIL
Dès la Genèse, Dieu place l’homme dans le jardin « pour le cultiver et le garder » (Gn 2:15). Le travail fait partie du plan de Dieu pour l’homme.
Il est vrai qu’à l’origine le travail était dénué de souffrance, de douleur, etc. Adam pouvait travailler sans que ce soit à la sueur de son front. La pénibilité du travail est une des conséquences du péché.
Cependant, il est difficile de faire abstraction de ce fait là : Le travail fait partie du plan de Dieu pour l’homme
Dans l’épître jumelle à Éphésiens Paul dit Colossiens 3:23 : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes. »
👉 Cela signifie que votre bureau, votre atelier, votre cuisine, votre chantier… sont aussi un lieu de service pour Dieu, des lieux d’expression de la foi.
Paul rappelle que même les tâches ordinaires deviennent sacrées quand elles sont faites « pour le Seigneur ». C’est une dimension spirituelle qui interdit la négligence.
1.2 LE TRAVAIL PARTICIPE À NOTRE TÉMOIGNAGE
1.2 LE TRAVAIL PARTICIPE À NOTRE TÉMOIGNAGE
Notre manière de travailler est un évangile vivant. Paul condamne la « double vie » : croire à l’église et agir différemment au travail. Un chrétien intègre attire le questionnement : « pourquoi êtes-vous différent ? »
Anecdote illustrative : Une sœur qui refusait de falsifier une facture a perdu un contrat, mais sa transparence a amené un collègue à poser des questions sur sa foi — quelques mois plus tard, il venait à l’église.
Jésus dit : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5:14). Et où brille la lumière ? Souvent dans les bureaux sombres, dans les ateliers bruyants, dans les commerces où la tentation est grande.
Notre travail est un témoignage silencieux mais puissant.
Exemple : Un chrétien qui fraude ses horaires, qui vole un peu de matériel, qui critique son patron… détruit son témoignage. Mais un chrétien fidèle, ponctuel et respectueux attire la confiance et suscite des questions.
#2. LES RESPONSABILITÉS DE L’EMPLOYÉ
#2. LES RESPONSABILITÉS DE L’EMPLOYÉ
2.1 OBÉISSANCE VOLONTAIRE
2.1 OBÉISSANCE VOLONTAIRE
Paul dit : « avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur » (Ép 6:5). Cela ne veut pas dire peur servile, mais respect et sincérité.
Obéir de bon gré, pas à contrecœur.
Être soumis même si le patron est croyant. Le fait qu’il soit « frère » n’enlève pas son autorité professionnelle.
Exemple local : À La Réunion, certains disent : « Mon patron est chrétien, donc je peux arriver un peu en retard… » Faux ! Paul dit : « Obéissez comme à Christ ».
1 Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu. 2 C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes.
Paul rappelle que toute autorité vient de Dieu. Se rebeller contre une autorité légitime, c’est en réalité résister à l’ordre de Dieu.
1 Pierre 2:18 : « Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d’un caractère difficile. »
👉 Le respect n’est pas basé sur le caractère du chef, mais sur le fait que derrière lui, il y a une autorité que Dieu a permise.
Un patron n’est pas d’abord « un frère ou une sœur » mais celui que Dieu a établi en position d’autorité dans le cadre professionnel. Rejeter son autorité parce qu’il est chrétien est une erreur spirituelle.
2.2 UNE EXCELLENCE
2.2 UNE EXCELLENCE
Paul insiste : « non seulement sous leurs yeux » (v.6).
Travailler sérieusement même quand le chef n’est pas là.
Ne pas faire le minimum syndical, mais donner le meilleur, car c’est le Seigneur que tu sers.
Illustration : Imagine un employé qui ne se bouge que quand le patron entre dans l’atelier… Mais Dieu voit tout, même quand ton patron ne voit rien.
2.3 UNE FIDÉLITÉ À TOUTES ÉPREUVES
2.3 UNE FIDÉLITÉ À TOUTES ÉPREUVES
« Comme à Christ » (v.5). Cela veut dire : être fidèle même quand c’est injuste, même quand tu n’es pas reconnu.
Parce que ta récompense vient du Seigneur, pas seulement de ton salaire.
Paul rappelle que Dieu rendra à chacun selon ce qu’il aura fait de bien (v.8).
Illustration : Joseph, vendu comme esclave, a travaillé fidèlement dans la maison de Potiphar. Il a été trahi, emprisonné, oublié… mais Dieu a élevé un homme fidèle.
Application : Ne laisse pas l’injustice au travail te rendre amer. Continue à travailler comme pour Christ, et confie à Dieu ta récompense.
#3. LES RESPONSABILITÉS DES EMPLOYEURS
#3. LES RESPONSABILITÉS DES EMPLOYEURS
Tout d’abord il faut souligner que Paul soumet les patrons aux même responsabilités que les employés :
Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard
Cela ne signifie pas que le maître doit « obéir » à l’esclave (les rôles restent différents), mais que les mêmes principes spirituels doivent gouverner les deux.
Autrement dit : devant Dieu, maître et esclave, patron et salarié, sont sur un pied d’égalité spirituelle.
Paul ne renverse pas la hiérarchie sociale, mais il renverse la mentalité.
Si l’employé doit travailler avec sincérité, le patron doit diriger avec sincérité.
Si l’employé doit servir de bon cœur, le patron doit gouverner de bon cœur.
Si l’employé travaille comme pour Christ, le patron doit diriger comme représentant Christ.
Jamais personne n’aurait mis maître et esclave sur le même plan moral. L’autorité du maître était considérée comme absolue.
Mais Paul, en disant « de même », annonce un principe du Royaume : dans le Christ, il n’y a ni esclave ni maître (Gal 3:28), mais tous sont égaux devant Dieu.
3.1 UNE AUTORITÉ JUSTE ET SAINE
3.1 UNE AUTORITÉ JUSTE ET SAINE
Paul dit : « abstenez-vous de menaces » (v.9).
L’autorité chrétienne n’est pas basée sur la peur ou les menaces, mais sur le respect et la bienveillance.
Un patron chrétien ne doit pas exploiter, mais encourager.
Être en position d’autorité ne veut pas dire dominer, mais exercer une responsabilité donnée par Dieu avec justice, douceur et intégrité (Éphésiens 6:9).
Sans autorité, une entreprise ou une équipe devient chaos. Dieu est un Dieu d’ordre (1 Co 14:33), et l’autorité fait partie de son ordre. L’autorité chrétienne n’est pas faite pour dominer, mais pour structurer, protéger et conduire vers le bien.
Le patron exerce une autorité déléguée et non absolue.
👉 Comme un parent, un pasteur ou une autorité publique, il n’est pas « propriétaire » des personnes, mais responsable devant Dieu de sa manière d’exercer son autorité.
3.2 UNE JUSTICE
3.2 UNE JUSTICE
« Le maître de l’un et de l’autre est dans les cieux » (v.9).
Devant Dieu, patron et employé sont égaux.
Cela implique : pas de favoritisme, des salaires justes, des conditions équitables.
Un patron chrétien doit veiller à ne pas profiter de son autorité.
Exemple concret : Certains employeurs chrétiens exploitent des frères et sœurs en disant : « C’est pour le Seigneur. » Paul condamnerait cela : Dieu demande justice.
Application : Si tu diriges, prends du temps pour évaluer : suis-je juste dans mes attentes, dans mes rémunérations, dans ma manière de gérer ?
