MARCHER AVEC SOIN
LA MARCHE CHRÉTIENNE • Sermon • Submitted • Presented
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15 Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages; 16 rachetez le temps, car les jours sont mauvais. 17 C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. 18 Ne vous enivrez pas de vin: c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit; 19 entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre coeur les louanges du Seigneur; 20 rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, 21 vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ.
La marche est une métaphore bien ancrée dans l’Écriture qui nous parle de la conduite.
#1. LA MARCHE CHRÉTIENNE
#1. LA MARCHE CHRÉTIENNE
1.1 LA NOTION DE MARCHE (marche = conduite)
1.1 LA NOTION DE MARCHE (marche = conduite)
Paul commence par : « Prenez donc garde… » — c’est une invitation à la vigilance.
Paul utilise le terme de la marche dans ce texte : littéralement il est écrit de “veillez avec soin sur notre marche”.
Dans le grec, le mot marcher (peripateo) signifie « conduire sa vie ». C’est notre manière de vivre au quotidien.
La marche est un des mots clés de la seconde partie de l’épitre aux Éphésiens : après avoir pris le temps de posé les bases théologiques de ce que nous avons en Christ : “bénis de toutes bénédictions spirituelles”, de la profondeur de l’oeuvre de Jésus et du mystère révélé. L’apôtre Paul aborde l’implication pratique pour notre vie chrétienne et pour cela il va réutiliser 7x le mot marche :
marcher dans l’unité,
marcher dans la pureté,
ne pas marcher comme les païens,
marcher dans l’amour,
marcher comme des enfants de lumière
marcher avec soin,
et marcher dans l’harmonie;
Comprenons ce matin que notre marche, c-à-d. notre conduite englobe toute notre existence ! Ce n’est pas seulement le dimanche à l’église, c’est du lundi matin au samedi soir.
➡ Question : Si quelqu’un suivait chacun de nos pas cette semaine, que lirait-il de notre marche ?
Une illustration : imaginez une route boueuse. Si vous passez dedans, vos chaussures porteront la trace. De même, notre conduite laisse toujours une empreinte. La marche chrétienne doit laisser l’empreinte de Christ.
À l’image de Jacob, le jour où il a rencontré Dieu, qu’il a lutté avec lui et qu’il a reçu une nouvelle identité : “tu ne t’appelleras plus Jacob mais Israël”, sa marche en a été changé. Pk ? Il a été frappé à l’emboiture de la hanche et a du marcher avec un bâton. À cause de cela son empreinte n’était plus la même.
La marche chrétienne doit laisser une empreinte, l’empreinte de Christ.
1.2 LA NOTION DE SOIN (la nécessité de veiller avec soin)
1.2 LA NOTION DE SOIN (la nécessité de veiller avec soin)
Paul ajoute : « avec soin ». Cela veut dire prêter attention. Comme un conducteur prudent qui vérifie ses rétroviseurs, ses phares, sa ceinture avant de prendre la route.
Un chrétien négligent, c’est comme un pêcheur qui jette ses filets sans les vérifier : il perd ses prises. Si nous ne faisons pas attention à nos attitudes, à nos paroles, à nos choix, nous perdons des occasions de témoigner.
➡ Question : Sommes-nous attentifs à ce que nous disons à nos enfants ? À la manière dont nous parlons à nos collègues ?
1.3 L’INTÉRIEUR FAÇONNE L’EXTÉRIEUR
1.3 L’INTÉRIEUR FAÇONNE L’EXTÉRIEUR
Paul n’appelle pas à un vernis religieux. Non ! Il est très ordonné dans sa façon d’écrire sa lettre et d’exprimer sa pensée. Je l’ai dit toute à l’heure : Paul a pris le temps de posé les bases de ce que Dieu a accompli en Jésus et de ce que nous sommes censé posséder en lui.
Mieux encore il prie dans le but que ce que ces lecteurs soient illuminés par l’Esprit en sorte que ces vérités deviennent vivantes pour eux. Concrètement Paul cherche à ce qu’il y ait une transformation intérieure et c’est cela qui produira une conduite extérieure. Si le cœur est rempli de Christ, la marche sera marquée par Christ.
➡ Exemple : on reconnaît un arbre à son fruit. Un manguier donne des mangues, pas des citrons. Alors, si je suis rempli de l’Esprit, cela doit se voir dans mes paroles, mes choix, mes attitudes.
« Ce que nous sommes affecte ce que nous faisons - notre être intérieur influence nos actions. […] La conduite constitue le reflet de la nature d’un individu, et vice versa » Aubrey MALPHURS
Transition : Voilà pourquoi Paul met devant nous des contrastes. Parce que marcher avec soin, c’est choisir la voie de la sagesse contre celle de la folie.
#2. LES TROIS CONTRASTES
#2. LES TROIS CONTRASTES
2.1 NON À LA FOLIE, OUI À LA SAGESSE (v15-16)
2.1 NON À LA FOLIE, OUI À LA SAGESSE (v15-16)
Paul oppose des réalités contraires pour nous aider à discerner le chemin.
« Non pas comme des insensés, mais comme des sages. »
Un insensé, c’est quelqu’un qui agit sans réfléchir, sans voir plus loin que le bout de son nez. Le sage, au contraire, anticipe, mesure, cherche la volonté de Dieu.
Dans cette épître, la sagesse est rattachée au plan de salut de Dieu. Être sage (« sensé »), c’est donc avoir accès au secret du dessein divin (1.8-9) et vivre en fonction de ce plan de salut.
Ce que Paul nous invite à faire c’est vivre en ayant conscience de l’oeuvre de Dieu accompli pour nous : Dieu nous a racheté, il a fait de nous ses enfants, il a lavé nos péchés, il nous a sorti des ténèbres, il nous a intégré à son projet collectif qu’est l’Église, etc.
Prendre conscience de cela devrait nous pousser à vivre une vie différente.
2.2 NE PAS ÊTRE IRRÉFLÉCHI/ LÉGER MAIS SAISIR LES TEMPS (v16-17)
2.2 NE PAS ÊTRE IRRÉFLÉCHI/ LÉGER MAIS SAISIR LES TEMPS (v16-17)
C’est pourquoi, l’apôtre Paul amène un deuxième contraste : “ne pas être irréfléchi mais racheter le temps.”
Parce qu’une compréhension purement intellectuelle ne suffit pas : saisir la volonté de Christ pour l’Église doit nous pousser à vivre toujours davantage en fonction de cette volonté.
Il est question d’aligner notre vie sur ce que veut Christ – et ce qu’il veut nous est clairement transmis dans Éphésiens. Comprendre la volonté de Christ, c’est discerner les implications éthiques du plan de salut de Dieu. C’est aussi surement pour cela que ce chapitre 5 et le 6 qui vient derrière ouvre une page très pratique sur les relations : couples, famille, professionnelle.
J’aimerai m’arreter avec vous sur ce que dit Paul : « Rachetez le temps, car les jours sont mauvais. »
L’expression grecque ἐξαγοράζω τὸν καιρόν (exagorazō ton kairon) combine deux idées :
acheter en payant le prix,
le temps = ton kairos - le moment donné, occasions données par Dieu
L’invitation de Paul est de savoir saisir les occasions, les temps de Dieu dans nos vies. Et dans cette idée de racheter à prix d’argent, Paul évoque d’Éliminer ou réduire les activités chronophage, non-essentielles (réseaux sociaux, distractions inutiles) pour libérer des espaces où Dieu peut agir.
Dieu nous donne des occasions précieuses : témoigner à un collègue, réconforter un ami, prier pour quelqu’un… Si nous les laissons passer, elles ne reviennent pas toujours.
➡ Question : Sommes-nous toujours attentif aux occasions données par Dieu ? Avons-nous laissés dans nos agenda une part pour le Seigneur ?
Avez-vous remarquer que la raison que donne Paul c’est parce que les jours sont mauvais ? Paul conscient que notre monde actuelle est dans une dynamique totalement opposée, marqué par le mal et inconsciente de ce qui arrive.
2.3 NON AU VIN, OUI À L’ESPRIT (v18)
2.3 NON AU VIN, OUI À L’ESPRIT (v18)
Pourquoi cette allusion subite aux excès d’alcool ?
Sans doute pour marteler une fois de plus, si besoin était, que la vie chrétienne tranche avec le mode de vie païen (dans la droite ligne de 4.17 à 5.14).
En effet, aux yeux de l’apôtre, l’ivresse est associée à l’ère des ténèbres (Romains 13.12-13 ; 1 Thessaloniciens 5.6-8). Elle mène à « une vie de désordre ».
L’exhortation « Ne vous enivrez pas de vin » (verset 18) est surement tirée d’un texte de l’Ancien Testament, mais dans sa version grecque (la Septante), différente du texte hébreu et donc de nos Bibles françaises :
29 …Ne vous enivrez pas; mais faites votre société des hommes justes, et fréquentez-les publiquement. 30 Car si vos yeux s’arrêtent sur les fioles et les coupes, plus tard vous marcherez plus nu qu’un pilon à mortier. 31 L’homme ivre finit par s’étendre comme si un serpent l’avait mordu; le venin se répand sur lui comme de la dent d’un reptile.
Ainsi la pensée est telle : l’ivresse enlève la maîtrise de soi, elle asservit. Ce qui me rempli fini par me conduire !
Et on pourrait dans notre société actuelle étendre le propos au delà du vin, en incluant finalement toutes les dépendances qui nous remplissent et finissent par nous contrôler : plaisirs, écrans, les réseaux sociaux…
À l’inverse, être rempli de l’Esprit, c’est vivre sous son influence. Et le verbe grec est à l’impératif présent : « continuez d’être remplis ». C’est une action quotidienne.
#3. FACTEURS VISIBLES D’UNE VIE REMPLIE
#3. FACTEURS VISIBLES D’UNE VIE REMPLIE
Dans le texte grec, l’exhortation « soyez remplis par l’Esprit » (verset 18) est précisée par cinq participes, que nous pourrions traduire ainsi de manière littérale :
« vous entretenant » (verset 19),
« chantant » (verset 19),
« célébrant » (verset 19),
« rendant grâce » (verset 20),
« vous soumettant » (verset 21).
Ces verbes expriment sans doute les résultats du « remplissage » opéré par l’Esprit. Quand nous sommes remplis par l’Esprit, nous chantons, nous rendons grâce, et ainsi de suite. La liste n’est pas exhaustive.
3.1 LA LOUANGE
3.1 LA LOUANGE
Je vous propose donc la traduction POV :
19 Que votre joie déborde dans vos entretiens fraternels, qu’elle s’exprime par le chant de psaumes, d’hymnes et de cantiques inspirés. De tout votre être, chantez et jouez pour Dieu et que, du secret de votre cœur, une musique s’élève sans cesse vers lui.
Vous savez, la joie et la louange sont souvent liés à l’oeuvre de l’Esprit dans nos vies :
52 Les disciples, quant à eux, étaient remplis de joie et d’Esprit-Saint.
Ou même dans la vie de Zacharie, le papa de Jean-Baptiste :
67 Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prophétisa en ces termes : 68 Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, De ce qu’il a visité et racheté son peuple,
Frères et soeurs, nos temps de chants ne doivent pas devenir des moments d’animation musicale, mais des expressions visibles de l’œuvre invisible de l’Esprit en nous. Qu’il y ait des musiciens, ou pas… Des chantres, ou pas… De la qualité musicale, ou pas !
N’oublions pas que la louange ne réside pas avant tout dans l’extérieure visible : voix, chant, musique, etc. Mais prend racine dans l’oeuvre invisible qui se passe à l’intérieur.
3.2 LA RECONNAISSANCE
3.2 LA RECONNAISSANCE
J’ajoute, Paul nous dit que là où l’Esprit règne, il y a de la reconnaissance envers Dieu.
L’Esprit nous pousse à dire merci à Dieu : « à tout moment et pour toute chose ». Elle se manifeste régulièrement, voire constamment. Elle devient une habitude de vie.
La reconnaissance n’est pas toujours naturelle. Parfois, les défis et les distractions nous poussent à nous concentrer sur ce qui ne va pas et notre chaire voudrait que nous gardions le focus la dessus.
Mais, la gratitude change notre façon de voir la vie. En nous souvenant de Ses bienfaits, nous voyons les défis sous un nouvel angle.
3.3 LA SOUMISSION
3.3 LA SOUMISSION
« Vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. »
21 Par respect pour le Christ, prenez chacun votre place dans l’ordre établi, vous soumettant les uns aux autres.
C’est quelque chose que nous n’aimons pas trop! Cependant c’est aussi le fruit manifeste d’une vie rempli de l’Esprit : cette capacité à se soumettre dans la crainte de Christ.
Se soumettre ce n’est pas s’écraser, se laisser dominer ou quoique ce soit d’autre.
L’autorité n’est donc pas une invention humaine pour dominer, mais une organisation divine pour protéger, guider et faire grandir. Paul le dit même dans une de ses épîtres l’autorité vient de Dieu.
Le problème est qu’après la chute, l’autorité devient un terrain de lutte. L’autorité, qui devait protéger, est souvent devenue source d’abus ; la soumission, qui devait être un acte volontaire d’humilité, est devenue synonyme de contrainte.
Mais dans le royaume de Dieu, Jésus est venu restaurer cette saine compréhension des choses et la vraie valeur de l’autorité et de la soumissions. L’autorité chrétienne se vit à genoux, en lavant les pieds; et La soumission n’est plus humiliation, mais acte volontaire dans la crainte de Christ.
C’est que Paul va developper de façon pratique dans le cadre des relations qui suit notre lecture : maris et femmes, parents et enfants, esclaves et maîtres.
