JOYEUX NOËL ?

NOËL  •  Sermon  •  Submitted   •  Presented
0 ratings
· 5 views
Notes
Transcript

**« Joyeux Noël ? Ou pourquoi nous fêtons Noël dans nos Églises »**

Luke 2:1–14 LSG
1 En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. 2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. 3 Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. 4 Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, 5 afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. 6 Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, 7 et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. 8 Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. 9 Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. 10 Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie: 11 c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. 13 Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant: 14 Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée!

INTRODUCTION

Frères et sœurs,
Nous vivons une époque étrange. Une époque paradoxale.
D’un côté, notre société parle encore beaucoup de Noël. Les vitrines s’illuminent, les villes se parent de décorations, les publicités commencent parfois… dès le mois de novembre. Mais dans ce Noël omniprésent, Jésus est de plus en plus absent.
On ne parle plus de la naissance du Christ. On parle de magie, de féerie, de cadeaux, de repas, de vacances. Pâques est devenue la fête du chocolat. Noël est devenue la fête des cadeaux.
Et dans le même temps, dans certains espaces publics, toute référence chrétienne devient suspecte, voire attaquée. Une crèche peut faire scandale. Un symbole peut déclencher des menaces.
Alors permettez-moi de poser une question simple, mais essentielle :
👉 Dans ce contexte, pourquoi continuons-nous à parler de Noël dans nos Églises ? 👉 Pourquoi ne pas l’abandonner au monde ? 👉 Pourquoi ne pas fuir, ou au contraire combattre frontalement ?
Ce matin, je voudrais répondre calmement, bibliquement et pastoralement à cette question.

ANNONCE DU PLAN

Pourquoi fêtons-nous Noël dans nos Églises ?
Parce que Noël est historiquement une fête chrétienne
À cause de la grandeur de l’Incarnation
Parce que dans un monde déchristianisé, Noël reste une occasion spirituelle à discerner, pas à diaboliser

I. NOUS FÊTONS NOËL PARCE QUE C’EST HISTORIQUEMENT UNE FÊTE CHRÉTIENNE

Avant de parler de symboles, de dérives ou de récupération commerciale, revenons à l’essentiel : l’origine.

1.1 Noël repose sur un événement historique réel

Luc commence son récit d’une manière volontairement très précise :
« En ce temps-là parut un édit de César Auguste… » (Luc 2.1)
Luc ne nous raconte pas une légende. Il ne nous raconte pas un conte d’hiver. Il situe la naissance de Jésus :
sous un empereur, “César Auguste” v1
sous un gouverneur, “Quirinus, gouverneur de Syrie” v2
dans une ville réelle, “La ville de David, Bethléem” v4
à un moment précis de l’histoire. “les anges qui apparaissent pour marquer le jour : c’est aujourd’hui qu’il vous ait né un sauveur” v11
👉 La foi chrétienne est une foi incarnée dans l’histoire.
Noël n’est pas une idée. Noël n’est pas une ambiance. Noël est la mémoire d’un événement réel : Dieu est entré dans l’histoire humaine.

1.2 L’Église n’a pas inventé Noël tardivement par compromis

Certains disent :
« Noël a été inventé pour copier des fêtes païennes. »
L’historien Gerry BOWLER montre que cette idée est historiquement simpliste. Les premiers chrétiens ne se sont pas rués pour célébrer Noël.
Pourquoi ?
Parce qu’ils vivaient dans l’attente brûlante du retour du Christ. Leur centre, c’était la croix et la résurrection.
Mais au IIᵉ et IIIᵉ siècle, lorsque :
certains niaient que Jésus soit vraiment venu en chair,
d’autres se moquaient de sa naissance humble,
👉 l’Église a compris qu’il fallait confesser publiquement l’Incarnation, y compris par une commémoration
Christmas in crosshairs - Gerry…
Noël devient alors :
une proclamation,
une confession de foi,
un acte théologique.

1.3 Le 25 décembre est un choix chrétien réfléchi

Contrairement à ce que l’on entend souvent, les sources anciennes ne disent pas :
« Nous célébrons Noël ce jour-là pour remplacer une fête païenne ».
Elles disent plutôt :
Jésus aurait été conçu le 25 mars,
né neuf mois plus tard,
selon une logique symbolique très répandue chez les Pères.
👉 Noël n’est pas né du compromis, 👉 il est né de la confession de foi de l’Église.

Application

Frères et sœurs, quand nous parlons de Noël à l’Église, nous ne parlons pas d’une tradition culturelle, nous parlons d’un héritage de foi.

II. NOUS FÊTONS NOËL À CAUSE DE LA GRANDEUR DE L’INCARNATION

Mais l’histoire seule ne suffit pas. Si Noël est important, ce n’est pas seulement parce qu’il est ancien, c’est parce qu’il révèle qui est Dieu.

2.1 Noël révèle un Dieu qui s’approche

« Le Verbe a été fait chair, et il a habité parmi nous » (Jean 1.14)
Le mot grec signifie littéralement : 👉 dresser sa tente.
Dieu n’a pas envoyé un message du ciel. Il n’a pas crié de loin. 👉 Il est venu habiter au milieu de nous.
Illustration : Nous vivons dans un monde de communication à distance. Messages, écrans, réseaux. Mais quand une situation est grave, on dit encore :
« Il faut être présent ».
Noël, c’est Dieu qui dit :
« Je viens Moi-même ».

2.2 Noël révèle la manière dont Dieu sauve

Philippiens 2 nous rappelle que Jésus :
s’est dépouillé,
a pris la condition de serviteur.
La mangeoire annonce déjà la croix.
👉 Dieu ne sauve pas par la puissance extérieure, mais par l’abaissement.
Une des grandes raisons de l’incarnation est la réalité du péché. Il est nécessaire de rappeler que c’est le but entre tous les buts.
si Dieu s’est fait homme, ce n’est pas d’abord par proximité affective, mais parce que le péché est d’une gravité telle que seul Dieu pouvait y répondre.
THÈSE CENTRALE (à affirmer clairement)
Si Dieu s’est incarné, c’est parce que le péché est si grave qu’aucune créature, aucun prophète, aucun ange, aucun homme ne pouvait en être la solution définitive.
L’Incarnation n’est pas un “plus” du salut. Elle est nécessaire.

1️⃣ Le péché n’est pas seulement une faute morale, mais une rupture ontologique

Romans 3:23 SER
23 Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ;
Le mot στεροῦνται (sterountai) indique : 👉 une perte, un manque, une privation.
Le péché :
n’est pas seulement ce que nous faisons,
c’est ce que nous sommes devenus sans Dieu.
➡️ L’homme est séparé de la source de la vie.

2️⃣ Aucun être créé ne pouvait apporter une solution définitive

1. La limite des hommes
Même le plus juste des hommes est lui-même pécheur :
Romans 3:23 SER
23 Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ;
👉 Un pécheur ne peut pas porter le péché d’un autre de manière définitive.
2. La limite des anges
Les anges :
ne partagent pas notre nature,
ne peuvent représenter l’humanité devant Dieu.
Hébreux est très clair :
Hebrews 2:14–17 SER
14 Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, 15 et de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage. 16 Car ce n’est pas à des anges, assurément, qu’il vient en aide, mais c’est à la descendance d’Abraham qu’il vient en aide. 17 Aussi devait-il devenir, en tout, semblable à ses frères, afin d’être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple.
👉 Le salut exige une solidarité réelle avec l’humanité.

3️⃣ La nécessité théologique d’un Sauveur à la fois homme et Dieu

C’est ici que l’Incarnation devient nécessaire, pas optionnelle.
1. Il fallait un homme
pour obéir là où Adam a désobéi (Rom 5),
pour représenter l’humanité,
pour mourir réellement.
2. Il fallait Dieu
Mais il fallait aussi :
une obéissance parfaite,
une justice infinie,
une valeur éternelle au sacrifice.
👉 Un simple homme aurait pu mourir pour un autre homme. Mais seul Dieu pouvait porter le poids du péché du monde.
Athanase résume magistralement cette nécessité :
« Il fallait que celui qui répare la corruption soit le Créateur lui-même. » (De Incarnatione Verbi)
« Si le péché n’avait été qu’un problème éducatif, Dieu aurait envoyé un enseignant. S’il n’avait été qu’un problème moral, Dieu aurait envoyé un modèle. Mais parce que le péché est un problème de mort, de séparation et de condamnation, Dieu est venu Lui-même. »
Ou encore :
L’Incarnation proclame la gravité du péché autant que la grandeur de la grâce. Si Dieu s’est fait homme, c’est parce que rien de moins que Dieu ne pouvait sauver l’homme.
Célébrer Noël, c’est proclamer que :
la faiblesse peut devenir un lieu de grâce,
l’humilité peut être le chemin du salut.
Dans une société qui :
minimise le péché,
psychologise la faute,
banalise la mort,
Noël rappelle une vérité dérangeante mais salvatrice :
👉 Le problème de l’humanité n’est pas seulement social ou moral, il est spirituel et mortel.
Mais Noël proclame aussi :
Dieu n’a pas abandonné l’homme à sa condition,
Dieu a pris l’initiative,
Dieu a payé le prix.

2.3 Noël redonne une dignité à l’humanité

Les premiers informés ne sont ni des rois, ni des prêtres, mais des bergers.
Dans une société hiérarchisée, Dieu commence par les petits.
👉 Noël dit à chacun :
tu comptes,
ta vie a de la valeur,
Dieu ne t’a pas oublié.

Application

Dans une époque qui mesure la valeur à la performance, Noël proclame une autre logique : 👉 Dieu vient là où l’homme ne se glorifie pas.

III. NOUS FÊTONS NOËL COMME UNE OCCASION À DISCERNER, PAS À DIABOLISER

Transition

Reste une question cruciale : 👉 Que faisons-nous de la récupération commerciale et culturelle de Noël ?
Faut-il fuir ? Faut-il combattre ? Faut-il tout rejeter ?

3.1 Reconnaître lucidement la déchristianisation

Soyons honnêtes : Noël, dans la société, n’est plus majoritairement chrétien.
Comme Pâques est devenue la fête du chocolat, Noël est devenue la fête des cadeaux.
👉 Le monde a changé le centre.
Mais reconnaissons une chose importante : 👉 le monde ne combat pas Noël… il le vide de son sens.

3.2 Ne pas tout diaboliser

Tout ce qui n’est pas chrétien n’est pas démoniaque.
Paul dit :
1 Thessalonians 5:21 SER
21 mais examinez toutes choses, retenez ce qui est bon ;
Une même date peut porter :
une signification chrétienne pour l’Église,
une signification culturelle pour la société.
👉 Nous ne sommes pas appelés à fuir le monde, 👉 ni à le bénir naïvement, 👉 mais à y témoigner avec discernement.

3.3 Réinvestir Noël comme témoignage

Noël est peut-être le seul moment de l’année où :
des personnes acceptent d’entendre parler de Jésus,
des cœurs sont plus ouverts,
des familles viennent à l’Église.
👉 Pourquoi abandonner ce terrain ?
Comme les bergers, nous annonçons ce que nous avons vu et entendu.

Application finale

Frères et sœurs, nous ne fêtons pas Noël par habitude, ni par folklore, ni par peur de disparaître.
🎄 Nous fêtons Noël parce que Dieu est venu. 🎄 Nous fêtons Noël parce que Jésus est né. 🎄 Nous fêtons Noël parce que le monde a encore besoin d’entendre cette bonne nouvelle.

CONCLUSION

Alors… Joyeux Noël ?
Oui. Mais un Noël :
enraciné,
confessé,
discerné,
témoigné.
« Aujourd’hui, il vous est né un Sauveur. »
Et tant que cette phrase sera vraie, Noël aura toute sa place dans l’Église.
Amen.
Related Media
See more
Related Sermons
See more
Earn an accredited degree from Redemption Seminary with Logos.