RECONNAÎTRE LA VÉRITÉ
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INTRODUCTION :
INTRODUCTION :
Frères et sœurs, j’aimerais commencer par une réalité : il existe un mal terrible.
C'est de regarder quelque chose, sans le reconnaître.
Cela nous est tous arrivé:
Vous croisez quelqu'un au supermarché.
La personne vous regarde avec un grand sourire.
Elle vous salue chaleureusement.
Et vous êtes là… "M« is qui est cette personne ?"
Vous la connaissez.
Vous l'avez déjà vue.
Mais impossible de remettre un nom sur son visage.
C'est frustrant.
Maintenant imaginez quelque chose de beaucoup plus grave.
Imaginez attendre quelqu'un pendant toute votre vie.
Lire tout ce qui parle de lui.
L'étudier.
Le désirer.
En parler chaque semaine.
Puis...
le voir arriver devant vous… et ne pas le reconnaître.
C'est exactement le drame de Jean 7.
Depuis près de quinze siècles, Israël attend le Messie.
Les promesses d'Abraham.
Les prophéties d'Ésaïe.
Les psaumes de David.
Les annonces de Daniel.
Tout conduit vers lui.
Chaque sabbat, les Écritures sont lues.
Chaque fête rappelle les œuvres de Dieu.
Les scribes consacrent leur existence à copier les textes.
Les rabbins passent leur vie à les enseigner.
S'il existe un peuple capable de reconnaître le Messie… c'est bien celui-là.
Et pourtant… lorsque Jésus se tient au milieu d'eux...
ce sont précisément les spécialistes des Écritures qui vont le rejeter.
N'est-ce pas paradoxal ?
Ils connaissent les prophéties.. mais ne reconnaissent pas leur accomplissement.
Ils connaissent la Parole… mais refusent le Verbe fait chair.
Ils connaissent les promesses… mais passent à côté de Celui qui les accomplit.
Alors une question surgit naturellement.
Comment est-ce possible ?
Comment peut-on connaître autant… et reconnaître si peu ?
Cette question n'appartient pas seulement au premier siècle.
Elle est terriblement actuelle.
Parce que nous vivons probablement dans la génération qui possède le plus de connaissances bibliques de toute l'histoire.
Nous avons des dizaines de traductions.
Des applications sur nos téléphones.
Des podcasts.
Des vidéos.
Des conférences.
Des formations.
Nous pouvons écouter les meilleurs prédicateurs du monde depuis notre canapé.
En quelques clics.
Jamais les chrétiens n'ont autant appris.
Et pourtant...
Sommes-nous certains de reconnaître plus facilement la voix de Dieu ?
Paul fait une déclaration qui me fait froid dans le dos.
En parlant des derniers jours, il écrit :
7 elles apprennent toujours sans pouvoir jamais arriver à la connaissance de la vérité.
Arrêtons-nous un instant. Comment peut-on apprendre… sans jamais connaître ?
Comment peut-on entendre des centaines de prédications… sans parvenir à la vérité ?
Comment peut-on lire la Bible toute sa vie… et passer à côté de Dieu ?
C'est pourquoi j'aimerais que nous répondions ensemble à cette question :
Pourquoi certains, pourtant entourés de la vérité, finissent-ils par ne plus reconnaître Dieu ?
Je crois que Jésus nous donne trois réponses.
I. ON PEUT CONNAÎTRE LES ÉCRITURES... SANS CHERCHER DIEU
I. ON PEUT CONNAÎTRE LES ÉCRITURES... SANS CHERCHER DIEU
15 Les Juifs s’étonnaient et disaient : Comment connaît-il les Écritures lui qui n’a pas étudié ?
Frères et sœurs,
J'aime beaucoup cette question.
Vous voyez ? Ils sont impressionnés.
Ils reconnaissent quelque chose.
Ils sont étonnés.
Le verbe employé par Jean est intéressant : ἐθαύμαζον.
Ils sont dans l'émerveillement, Ils n'arrivent pas à comprendre : « Mais comment fait-il ?"
Autrement dit...
Ils reconnaissent que Jésus possède une connaissance extraordinaire des Écritures.
Mais ils posent déjà la mauvaise question.
Ils ne demandent pas : *"Qui est-il ?"
Ils demandent : « Où a-t-il étudié ?"
Ils cherchent l'origine de son savoir pas son identité.
Vous voyez la différence ?
Ils s'intéressent à son curriculum vitae.
Jésus veut leur révéler son identité.
Ils regardent le professeur.
Jean veut leur montrer le Fils.
Ils évaluent son diplôme.
Dieu leur présente son Messie.
Ils sont tellement occupés à analyser son enseignement...
qu'ils oublient d'écouter Celui qui enseigne.
Et je crois que nous touchons ici un premier danger.
Nous pouvons nous intéresser davantage aux moyens… qu'à Dieu lui-même.
A. ON PEUT ADMIRER LE SAVOIR... SANS CHERCHER LE SAUVEUR
A. ON PEUT ADMIRER LE SAVOIR... SANS CHERCHER LE SAUVEUR
Les rabbins raisonnent selon leur monde.
À cette époque, un enseignant recevait son autorité d'un maître.
On demandait toujours :
*"De quelle école viens-tu ?"
*"Sous quel rabbin as-tu étudié ?"
"Qui t'a donné le droit d'enseigner ?"
Pour eux, toute connaissance devait avoir une origine humaine identifiable.
Et Jésus ne rentre dans aucune case.
Il n'a pas fréquenté leurs écoles.
Il n'a pas reçu leur validation.
Il ne cite pas leurs maîtres.
Il enseigne avec une liberté qui les déstabilise.
Alors ils cherchent une explication.
Mais ils cherchent l'origine académique… alors que Jean veut leur révéler son origine céleste.
C'est tout le thème de l'Évangile : « D'où vient-il ?"
À plusieurs reprises, Jean montre que les foules pensent connaître Jésus « : Nous savons d'où il est."
Mais justement… ils ne savent pas.
Ils connaissent Nazareth.
Ils ignorent le ciel.
Ils connaissent Marie.
Ils ignorent le Père.
Ils connaissent son métier.
Ils ignorent sa mission.
Ils connaissent son histoire terrestre.
Ils ignorent son origine éternelle.
Ils savent beaucoup...
mais ils ne connaissent pas l'essentiel.
Voilà pourquoi leur connaissance devient un obstacle.
Parce qu'elle leur donne l'impression qu'ils savent déjà.
Et lorsqu'on pense déjà savoir… on cesse d'écouter.
Illustration
Illustration
Cela nous arrive à tous.
Lorsque quelqu'un commence une phrase en disant :
"Je connais déjà..."
Que fait-il ?
Il cesse souvent d'écouter la suite.
Pourquoi ?
Parce qu'il pense posséder la réponse avant même d'entendre la question.
Je me demande parfois si nous ne faisons pas la même chose avec Dieu.
Nous lisons un passage. *"Ah oui, je connais."
Une parabole. *"Je l'ai déjà entendue."
Un psaume. *"Je l'ai déjà lu plusieurs fois."
Et sans nous en rendre compte… nous fermons notre cœur avant même que Dieu ait commencé à parler.
L'habitude devient parfois l'ennemie de l'émerveillement.
B. LA VÉRITABLE CONNAISSANCE NAÎT DE LA COMMUNION
B. LA VÉRITABLE CONNAISSANCE NAÎT DE LA COMMUNION
Alors Jésus répond.
Et sa réponse est extraordinaire.
« Mon enseignement n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé. »
Quelle réponse !
Les Juifs demandent : *"Dans quelle école as-tu étudié ?"
Jésus répond : *"Je viens du Père."
Ils parlent d'instruction.
Jésus parle de relation.
Ils parlent de formation.
Jésus parle de communion.
Ils cherchent un professeur.
Jésus leur révèle un Père.
Comprenons bien : Jésus ne méprise absolument pas l'étude. Toute sa vie montre une parfaite connaissance des Écritures.
Il cite la Loi.
Les Prophètes.
Les Psaumes.
Il raisonne avec une précision remarquable.
Le problème n'est donc jamais l'étude. Le problème est de croire que l'étude suffit.
Parce qu'on peut tout connaître de la Bible… sans connaître le Dieu de la Bible.
C'est exactement ce que Jésus dira quelques chapitres plus tôt.
39 Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. 40 Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
Quelle phrase bouleversante.
Ils lisent les Écritures.
Mais elles ne les conduisent plus à Christ.
Ils étudient les prophètes.
Mais ils ne reconnaissent plus Celui que les prophètes annoncent.
Et je crois que c'est ici que nous devons faire très attention.
Parce que dans nos milieux évangéliques...
nous aimons la Bible.
Et nous avons raison.
Nous croyons à son inspiration.
À son autorité.
À sa suffisance.
Mais il existe un danger subtil.
Faire de la Bible une fin...
alors qu'elle est un chemin.
Jean Calvin écrivait que l'Écriture est comme des lunettes que Dieu met devant nos yeux pour que nous puissions voir le Christ. Les lunettes ne sont pas la destination. Elles permettent de voir celui qui est la destination.
Illustration
Illustration
Imaginez qu'un homme reçoive une lettre de sa fiancée.
Chaque matin il relit la lettre.
Il étudie son écriture.
Le papier.
L'encre.
Les tournures de phrases.
Il connaît la lettre par cœur.
Mais le jour où sa fiancée frappe à sa porte...
il lui répond : *"Attends un peu... je suis occupé à étudier ta lettre."
Nous sourions.
Pourtant… n'est-ce pas parfois ce que nous faisons ?
Nous étudions la Parole… sans prendre le temps de rencontrer Celui qui nous parle.
C. LA QUESTION N'EST PAS : "EST-CE QUE JE LIS ?" MAIS : "POURQUOI JE LIS ?"
C. LA QUESTION N'EST PAS : "EST-CE QUE JE LIS ?" MAIS : "POURQUOI JE LIS ?"
Et c'est ici que le texte devient très personnel.
Pourquoi ouvrons-nous notre Bible ?
Est-ce simplement pour apprendre quelque chose ?
Pour préparer un enseignement ?
Pour répondre à une controverse ?
Pour avoir un verset à partager ?
Ou bien...
ouvrons-nous la Bible avec cette prière : « Seigneur...
si tu veux me contredire aujourd'hui...
je suis prêt."
Je crois que c'est là toute la différence.
Les chefs religieux ouvraient les Écritures pour confirmer ce qu'ils pensaient déjà.
Le disciple ouvre les Écritures pour être transformé.
L'un cherche des arguments.
L'autre cherche Dieu.
L'un veut maîtriser le texte.
L'autre accepte d'être maîtrisé par lui.
Et permettez-moi de parler à ceux qui servent dans l'Église.
Pasteurs.
Prédicateurs.
Moniteurs.
Responsables.
Nous courons un danger particulier. Celui d'ouvrir la Bible d'abord pour nourrir les autres… sans laisser Dieu nous nourrir nous-mêmes.
On peut préparer un sermon… sans rencontrer le Seigneur du sermon.
On peut expliquer Jean 7...
sans laisser Jean 7 nous expliquer.
Voilà pourquoi ce texte m'interpelle tellement.
Parce qu'il me rappelle que je peux consacrer ma vie aux Écritures… et pourtant manquer Celui dont elles parlent.
Transition vers le point II
Transition vers le point II
Mais une question demeure.
Pourquoi certains tombent-ils dans ce piège... alors que d'autres reconnaissent Jésus ?
Pourquoi les disciples voient-ils progressivement le Fils… alors que les chefs religieux deviennent de plus en plus aveugles ?
Paul va nous donner une réponse surprenante.
Le problème n'est pas dans leur intelligence.
Le problème est beaucoup plus profond.
Le problème est dans ce que leur cœur aime.
Et tant que le cœur n'est pas orienté vers Dieu… même la vérité peut devenir méconnaissable.
II. LE CŒUR DÉTERMINE CE QUE LES YEUX RECONNAISSENT
II. LE CŒUR DÉTERMINE CE QUE LES YEUX RECONNAISSENT
1 Sache que, dans les derniers jours, surgiront des temps difficiles. 2 Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, sacrilèges, 3 insensibles, implacables, calomniateurs, sans frein, cruels, ennemis des gens de bien, 4 traîtres, impulsifs, enflés d’orgueil, aimant leur plaisir plus que Dieu ; 5 ils garderont la forme extérieure de la piété, mais ils en renieront la puissance. Éloigne-toi de ces hommes-là. 6 Il en est parmi eux qui s’introduisent dans les maisons et qui captivent certaines femmes chargées de péchés, et agitées par des passions variées ; 7 elles apprennent toujours sans pouvoir jamais arriver à la connaissance de la vérité. 8 De même que Jannès et Jambrès s’opposèrent à Moïse, de même ces gens s’opposent à la vérité ; ce sont des hommes à l’esprit corrompu, et leur foi ne résiste pas à l’épreuve. 9 Mais ils ne feront plus de progrès, car leur folie sera manifeste pour tous, comme le fut celle de ces deux hommes.
Frères et sœurs,
Paul nous donne ici une réponse dérangeante.
Le problème n’est pas seulement ce que nous savons.
Le problème est ce que nous aimons.
Remarquez l’ordre.
Paul ne commence pas par leur doctrine.
Il commence par leurs désirs.
Il ne commence pas par leur intelligence.
Il commence par leurs amours.
Avant de dire qu’ils ne parviennent jamais à la vérité, il nous dit déjà ce qui occupe leur cœur :
Ils s’aiment eux-mêmes.
Ils aiment l’argent.
Ils aiment le plaisir.
Et ils aiment ces choses plus que Dieu.
Autrement dit, leur difficulté à reconnaître la vérité n’est pas seulement intellectuelle. Elle est spirituelle.
Leur cœur a déjà choisi une direction.
A. NOS AFFECTIONS PRÉCÈDENT SOUVENT NOS CONVICTIONS
A. NOS AFFECTIONS PRÉCÈDENT SOUVENT NOS CONVICTIONS
Paul ouvre sa description avec une expression fondamentale : « Les hommes seront amis d’eux-mêmes. »
En grec, le terme exprime l’amour de soi, le fait d’être centré sur soi-même.
Et c’est probablement la racine de toute la liste qui suit.
Pourquoi deviennent-ils orgueilleux ?
Parce que le moi est au centre.
Pourquoi deviennent-ils ingrats ?
Parce qu’ils pensent que tout leur est dû.
Pourquoi deviennent-ils insensibles ?
Parce que les autres n’existent plus qu’en fonction de leurs besoins.
Pourquoi aiment-ils le plaisir plus que Dieu ?
Parce que Dieu n’est plus le centre.
Le moi l’a remplacé.
Le fil commun de cette dégénérescence est l’égoïsme : l’amour de soi se manifeste ensuite dans l’orgueil, l’ingratitude, l’absence d’amour et la recherche du plaisir au détriment des autres.
Cela signifie que le discernement ne se perd pas d’abord dans une salle de cours. Il se perd dans les affections.
On ne commence pas nécessairement par croire une erreur.
On commence parfois par désirer quelque chose que la vérité nous refuse.
Puis nous cherchons une manière de penser qui nous permettra de garder ce désir. C’est très différent.
C’est exactement ce que Paul nous montre. Une personne peut recevoir beaucoup d’informations religieuses… mais si son cœur a choisi comme destination :
mon intérêt,
mon plaisir,
ma réputation,
mon confort,
alors elle utilisera même la connaissance biblique pour avancer dans la mauvaise direction.
Elle ne cherchera plus : « Seigneur, où veux-tu me conduire ? »
Elle demandera plutôt : « Seigneur, peux-tu bénir l’endroit où j’ai déjà décidé d’aller ? »
Et c’est là que le discernement commence à s’altérer.
Application
Application
Posons-nous une question honnête : Qu’est-ce que j’aime au point de ne plus vouloir que Dieu y touche ?
Parce que c’est souvent là que se trouve notre angle mort.
Cela peut être une relation.
Une ambition.
Une habitude.
Une blessure que nous refusons d’abandonner.
Une manière de nous voir.
Une volonté d’avoir raison.
Nous pouvons continuer à écouter la Parole… mais intérieurement, nous avons déjà placé une pancarte : « Seigneur, tu peux parler de tout, sauf de cela. »
Or, dès qu’une partie de notre vie devient inaccessible à Dieu, cette partie devient vulnérable au mensonge.
B. ON PEUT APPRENDRE BEAUCOUP SANS JAMAIS ARRIVER
B. ON PEUT APPRENDRE BEAUCOUP SANS JAMAIS ARRIVER
Paul poursuit en parlant de personnes qui sont : « toujours en train d’apprendre, sans pouvoir jamais parvenir à la connaissance de la vérité. »
Cette phrase est saisissante.
Le verbe grec μανθάνω — manthanō signifie apprendre, recevoir un enseignement, être instruit. Il peut également porter l’idée d’apprendre par l’expérience et la pratique.
Mais ici, il y a un mouvement sans aboutissement.
Elles apprennent…
mais elles n’arrivent jamais.
Elles avancent…
mais elles n’atteignent jamais le but.
Elles accumulent…
mais elles ne connaissent pas.
Ce n’est donc pas un manque d’activité.
C’est une activité qui ne produit jamais sa finalité.
Elles sont toujours en route…
mais jamais à destination.
Et nous devons comprendre le contexte.
Paul ne décrit pas simplement des étudiants un peu distraits. Il décrit des personnes devenues vulnérables aux faux docteurs.
Le NIVAC souligne que le propos principal des versets 6 et 7 est de dénoncer la perfidie de ces enseignants, capables de séduire des personnes fragilisées, qui restent ainsi exposées à de nouvelles influences sans parvenir à la vérité.
Autrement dit, leur apprentissage n’est pas neutre.
Elles passent d’une voix à une autre.
D’une nouveauté à une autre.
D’une promesse à une autre.
D’une révélation à une autre.
Mais elles ne s’enracinent jamais.
Elles ne se donnent jamais entièrement à la vérité.
Illustration : la pêche
Illustration : la pêche
Je vous l’ai dit, il m’est arrivé de vouloir devenir pêcheur.
Alors j’ai fait ce que nous faisons aujourd’hui quand nous voulons commencer quelque chose.
J’ai cherché les meilleures cannes.
Les meilleurs moulinets.
J’ai découvert la tresse, le fluorocarbone, les jigs, les hameçons, les plombs.
J’ai regardé des vidéos.
J’ai rejoint des groupes.
J’ai suivi des passionnés.
Au bout d’un moment, je connaissais presque le vocabulaire.
Je pouvais regarder du matériel et dire :
« Ça, c’est bien. »
« Ça, c’est trop léger. »
« Ça, c’est plutôt pour tel type de pêche. »
Il ne manquait qu’une petite chose : Pêcher.
Je savais parler de la pêche… mais je n’étais pas devenu pêcheur.
J’avais accumulé de l’information… sans acquérir la compétence que seule la pratique pouvait produire.
Et nous sourions parce que l’image est légère.
Mais spirituellement, elle devient beaucoup plus sérieuse.
On peut connaître tous les mots de la prière… sans être devenu un homme ou une femme de prière.
On peut connaître les étapes du pardon… sans pardonner à la personne qui nous a blessés.
On peut connaître les doctrines du Saint-Esprit… sans jamais marcher dans l’obéissance au Saint-Esprit.
Vérité pastorale
Vérité pastorale
Il y a une différence entre être exposé à la vérité et être formé par la vérité.
Écouter n’est pas encore recevoir.
Comprendre n’est pas encore consentir.
Approuver n’est pas encore obéir.
Et être ému n’est pas encore être transformé.
Nous pouvons sortir d’un culte en disant : « Quelle belle prédication ! »
Mais la vraie question est : « Qu’est-ce qui va changer lundi matin ? »
Parce que la Parole n’a pas été donnée uniquement pour produire une impression.
Elle a été donnée pour former en nous une nouvelle manière de vivre.
C. UN CŒUR NON SOUMIS DEVIENT VULNÉRABLE À LA SÉDUCTION
C. UN CŒUR NON SOUMIS DEVIENT VULNÉRABLE À LA SÉDUCTION
Paul dit que certains faux enseignants : « s’introduisent dans les maisons et captivent… »
Le verbe donne l’idée de faire prisonnier.
Ils ne se contentent pas de transmettre une mauvaise idée.
Ils prennent le contrôle.
Ils captivent.
Ils enferment.
Ils créent une dépendance.
Et Paul montre que leurs victimes sont déjà fragilisées : « chargées de péchés et agitées par des passions variées. »
Il faut être très précis ici.
Paul n’est pas en train de dénigrer toutes les femmes.
Le commentaire rappelle que le terme utilisé vise une catégorie particulière de personnes vulnérables, et que l’objectif de Paul est surtout de dévoiler la trahison des faux enseignants.
Le vrai sujet est donc la stratégie de la séduction.
Ces enseignants profitent d’un cœur blessé.
D’une conscience chargée.
De passions non maîtrisées.
D’un besoin de réponses.
Ils trouvent des personnes qui veulent apprendre…
mais qui ne veulent pas nécessairement être délivrées de ce qui les domine.
Et c’est là que la séduction devient possible.
Parce qu’un faux enseignement ne gagne pas toujours simplement parce qu’il est bien présenté.
Il gagne parfois parce qu’il promet à notre cœur ce qu’il désire déjà.
Il nous donne raison.
Il nous évite la croix.
Il nous évite la repentance.
Il nous promet la bénédiction sans la soumission.
La puissance sans la sainteté.
La liberté sans la vérité.
La victoire sans le renoncement.
Illustration : les algorithmes
Illustration : les algorithmes
Vous avez remarqué comment fonctionnent les réseaux sociaux ?
Vous regardez une vidéo.
Puis l’application vous en propose une deuxième sur le même sujet.
Puis une troisième.
Puis dix autres.
Au bout de quelques jours, vous avez l’impression que tout le monde pense comme vous.
Pourquoi ?
Parce que l’algorithme ne cherche pas nécessairement à vous montrer ce qui est vrai.
Il cherche à vous montrer ce qui vous fera rester.
Il apprend ce que vous aimez…
puis il vous en donne toujours davantage.
Spirituellement, la séduction fonctionne parfois de la même manière.
Notre cœur exprime une préférence.
Puis nous cherchons des voix qui la confirment.
Nous écartons celles qui nous dérangent.
Nous suivons celles qui nous rassurent.
Et au bout d’un moment, nous appelons « discernement » le fait de n’écouter que ce qui est déjà d’accord avec nous.
Voilà pourquoi il faut faire très attention.
Parce que nous pouvons vivre dans une bulle religieuse.
Entendre beaucoup.
Partager beaucoup.
Commenter beaucoup.
Et ne plus jamais être repris.
Or, un chrétien qui ne peut plus être repris est déjà en danger.
Application pastorale
Application pastorale
Pose-toi cette question :
Existe-t-il encore quelqu’un dans ma vie qui peut me dire que j’ai tort ?
Est-ce que la Parole peut encore me corriger ?
Est-ce qu’un frère peut m’avertir ?
Est-ce qu’un responsable peut me reprendre ?
Est-ce que mon épouse, mon mari, mes enfants peuvent me faire remarquer une incohérence sans que je me ferme immédiatement ?
Parce que le disciple n’est pas celui qui ne se trompe jamais.
Le disciple est celui qui demeure enseignable.
La séduction commence souvent au moment où nous ne voulons plus être contredits.
TRANSITION VERS LE POINT III
TRANSITION VERS LE POINT III
Nous comprenons maintenant pourquoi les chefs religieux de Jean 7 ne reconnaissent pas Jésus.
Ils ne manquent pas d’informations.
Ils manquent d’une disposition intérieure.
Leur cœur est déjà attaché à leur statut.
À leur système.
À leur manière de comprendre Dieu.
Ils peuvent admirer l’enseignement de Jésus…
mais ils ne sont pas prêts à laisser Jésus renverser ce qu’ils ont construit.
Alors une dernière question demeure :
Comment retrouver un discernement véritable ?
Comment reconnaître la voix de Dieu au milieu de toutes les voix ?
Comment éviter d’apprendre toujours sans jamais parvenir à la vérité ?
Jésus donne la réponse au verset 17.
Et elle est aussi simple qu’exigeante :
« Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra… »
Autrement dit :
La vérité ne se reconnaît pas seulement avec un esprit informé.
Elle se reconnaît avec un cœur soumis.
III. LA VÉRITÉ SE RECONNAÎT AVEC UN CŒUR SOUMIS
III. LA VÉRITÉ SE RECONNAÎT AVEC UN CŒUR SOUMIS
Jean 7.17-18
Frères et sœurs,
Nous arrivons maintenant au sommet du texte.
Jésus a entendu leur question :
« Comment connaît-il les Écritures, lui qui n’a pas étudié ? »
Il leur a répondu :
« Mon enseignement n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. »
Puis il ajoute cette parole décisive :
« Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si mon enseignement vient de Dieu ou si je parle de ma propre initiative. »
(Jean 7.17)
Voilà la réponse de Jésus.
Et elle bouleverse complètement notre manière de penser.
Nous imaginons souvent que la vie spirituelle fonctionne ainsi :
Je comprends d’abord.
Puis, lorsque tout est clair, j’obéis.
Je veux toutes les explications.
Toutes les garanties.
Toutes les réponses.
Et ensuite, peut-être, je ferai confiance.
Mais Jésus inverse l’ordre.
Il ne dit pas :
« Si quelqu’un connaît parfaitement la volonté de Dieu, alors il pourra peut-être la faire. »
Il dit :
« Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra. »
Le vouloir précède ici le connaître.
La disposition à obéir ouvre le chemin du discernement.
Cela ne signifie pas que l’obéissance permet de gagner la révélation de Dieu.
Cela signifie que, lorsque Dieu se révèle, un cœur sincèrement disposé à lui obéir est capable de reconnaître la vérité qu’il entend.
Le problème des adversaires de Jésus n’est donc pas qu’ils sont incapables de comprendre ses phrases.
Ils comprennent assez bien pour être dérangés.
Le problème est qu’ils ne veulent pas se soumettre à Celui qui les prononce.
A. JÉSUS INVERSE NOTRE LOGIQUE : VOULOIR FAIRE AVANT DE PRÉTENDRE SAVOIR
A. JÉSUS INVERSE NOTRE LOGIQUE : VOULOIR FAIRE AVANT DE PRÉTENDRE SAVOIR
Regardons précisément la formulation.
« Si quelqu’un veut faire sa volonté… »
Le verbe grec est θέλω — thelō.
Il exprime le fait de vouloir, de désirer, d’être disposé à accomplir quelque chose.
Jésus ne parle donc pas simplement d’une émotion spirituelle.
Il parle d’une orientation volontaire.
D’une décision intérieure.
D’un cœur qui dit :
« Seigneur, je ne comprends peut-être pas encore tout, mais je veux faire ce que tu veux. »
Et Jésus ajoute :
« Il connaîtra… »
Le verbe employé est une forme de γινώσκω — ginōskō, connaître, reconnaître, parvenir à discerner.
Autrement dit, il existe une connaissance qui ne vient pas simplement d’un raisonnement extérieur.
Elle naît dans la rencontre entre la révélation de Dieu et un cœur disposé à y répondre.
Cela ne veut pas dire que nous devons obéir aveuglément à n’importe quelle voix.
Jésus ne valorise jamais la crédulité.
Il parle de la volonté de Dieu telle qu’elle se révèle en lui et dans son enseignement.
Mais il affirme une vérité importante :
On ne peut pas prétendre discerner la volonté de Dieu tout en ayant déjà décidé qu’on ne lui obéira que si elle nous convient.
Voilà la contradiction.
Nous prions parfois :
« Seigneur, montre-moi ta volonté. »
Mais, au fond, notre prière signifie :
« Seigneur, confirme ce que j’ai déjà choisi. »
Nous demandons de la lumière…
mais nous avons déjà sélectionné la route.
Nous voulons que Dieu parle…
à condition qu’il dise oui.
Or Jésus ne dit pas :
« Si quelqu’un veut que Dieu approuve ses projets… »
Il dit :
« Si quelqu’un veut faire sa volonté… »
La question n’est donc pas seulement :
« Seigneur, que veux-tu me dire ? »
La question est aussi :
« Suis-je réellement prêt à faire ce que tu me diras ? »
Illustration : le médecin
Illustration : le médecin
Imaginez une personne qui va consulter un médecin.
Elle décrit ses douleurs.
Elle demande des examens.
Elle veut un diagnostic précis.
Le médecin l’écoute, l’examine, puis lui dit :
« Il faut changer votre alimentation, interrompre cette habitude et suivre ce traitement. »
Et la personne répond :
« Docteur, je voulais connaître le problème. Je ne voulais pas nécessairement changer ma vie. »
Cela paraît absurde.
À quoi sert un diagnostic que l’on refuse de suivre ?
À quoi sert la lumière si nous préférons rester dans la même direction ?
Pourtant, nous pouvons traiter la Parole de Dieu de cette manière.
Nous voulons l’explication.
Nous voulons la profondeur.
Nous voulons le contexte.
Nous voulons même les mots grecs.
Mais lorsque le texte touche notre orgueil, notre argent, notre manière de parler, notre sexualité, nos relations ou notre rancune…
nous disons intérieurement :
« Seigneur, explique-moi encore, mais ne me demande pas de changer. »
Alors que Jésus dit :
« Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra. »
Application
Application
Avant d’ouvrir la Bible, nous pourrions apprendre à prier autrement.
Pas seulement :
« Seigneur, aide-moi à comprendre. »
Mais :
« Seigneur, rends-moi prêt à obéir. »
Parce qu’une intelligence éclairée avec une volonté fermée ne produit pas un disciple.
Elle peut produire un excellent commentateur.
Un bon débatteur.
Un enseignant brillant.
Mais le disciple est celui qui dit :
« Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. »
Et, dans la Bible, écouter signifie toujours plus qu’entendre.
Écouter signifie accueillir pour obéir.
B. L’OBÉISSANCE N’ACHÈTE PAS LA VÉRITÉ, MAIS ELLE NOUS PLACE SOUS SA LUMIÈRE
B. L’OBÉISSANCE N’ACHÈTE PAS LA VÉRITÉ, MAIS ELLE NOUS PLACE SOUS SA LUMIÈRE
Il faut maintenant préciser quelque chose.
Jésus n’enseigne pas que l’homme découvre Dieu grâce à ses propres efforts.
Il ne dit pas :
« Obéis suffisamment, et tu deviendras digne de connaître Dieu. »
Toute l’Écriture affirme que Dieu prend l’initiative.
C’est lui qui parle.
C’est lui qui se révèle.
C’est lui qui envoie son Fils.
Dans Jean 7, Jésus ne propose pas une méthode d’élévation spirituelle.
Il affirme que la réponse à la révélation révèle l’état du cœur.
Certains entendent Jésus et reconnaissent progressivement qui il est.
D’autres entendent les mêmes paroles et s’endurcissent.
Pourquoi ?
Parce que la lumière ne produit pas la même réaction dans tous les cœurs.
Jésus l’avait déjà déclaré en Jean 3 :
« La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. »
Remarquez encore le langage de l’amour.
Ils n’ont pas rejeté la lumière uniquement parce qu’elle était difficile à comprendre.
Ils ont aimé autre chose.
Ils ont préféré un monde où ils n’avaient pas à être exposés.
Dans l’Évangile de Jean, le problème du discernement est profondément moral.
On reconnaît Jésus non parce que l’on serait naturellement meilleur que les autres, mais parce que l’on consent à venir à la lumière.
Regardez la Samaritaine.
Elle ne comprend pas tout immédiatement.
Elle commence par voir en Jésus un Juif.
Puis un prophète.
Puis elle se demande s’il ne serait pas le Christ.
Sa connaissance progresse parce qu’elle reste dans le dialogue.
Elle accepte que Jésus touche à sa soif, à sa vie, à ses relations et à sa manière d’adorer.
Regardez l’aveugle-né en Jean 9.
Au départ, il parle de :
« l’homme appelé Jésus ».
Puis il dit :
« C’est un prophète. »
Puis :
« S’il ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
Et enfin, devant Jésus :
« Je crois, Seigneur. »
Il ne sait pas tout dès le début.
Mais il répond fidèlement à la lumière qu’il reçoit.
Pendant ce temps, les chefs religieux possèdent davantage d’informations…
et deviennent de plus en plus aveugles.
Ils enquêtent.
Ils interrogent.
Ils convoquent les parents.
Ils vérifient les faits.
Mais ils ont déjà décidé de leur conclusion.
Ils ne cherchent plus la vérité.
Ils cherchent un moyen de la neutraliser.
Voilà la différence.
Le disciple ne connaît pas toujours tout.
Mais il marche dans la lumière reçue.
Le religieux peut savoir énormément…
tout en refusant le pas que Dieu lui demande maintenant.
Illustration : marcher avec une lampe
Illustration : marcher avec une lampe
Le psalmiste dit :
« Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. »
Une lampe à nos pieds n’éclaire pas nécessairement toute la route jusqu’à l’arrivée.
Elle éclaire le prochain pas.
Nous aimerions parfois que Dieu nous montre dix années.
Qu’il nous explique tout.
Qu’il élimine toutes les incertitudes.
Mais souvent, Dieu nous donne assez de lumière pour le pas suivant.
Et lorsque nous faisons ce pas, une nouvelle portion du chemin apparaît.
Le problème est que nous demandons parfois davantage de lumière…
alors que nous refusons de marcher dans celle que nous avons déjà reçue.
Nous disons :
« Seigneur, montre-moi la suite. »
Et Dieu pourrait nous répondre :
« Commence par faire ce que je t’ai déjà montré. »
Application
Application
Il y a peut-être quelqu’un ici qui attend une parole nouvelle.
Mais Dieu ne t’appelle pas nécessairement à apprendre quelque chose de nouveau.
Il t’appelle peut-être à obéir à une parole ancienne.
Tu demandes :
« Seigneur, quelle est la prochaine étape ? »
Et Dieu te rappelle :
« Pardonne. »
« Réconcilie-toi. »
« Abandonne cette relation qui t’éloigne de moi. »
« Reprends une vie de prière. »
« Sois fidèle dans ce que je t’ai confié. »
« Cesse de nourrir cette amertume. »
« Dis la vérité. »
« Demande pardon. »
« Reviens à ton premier amour. »
Nous voulons parfois une direction spectaculaire.
Mais le discernement grandit dans les petites obéissances.
Chaque oui sincère à Dieu affine notre écoute.
Chaque refus entretenu l’émousse.
Non pas parce que Dieu cesserait d’être vrai.
Mais parce que notre cœur devient moins disponible pour reconnaître sa voix.
C. LE VRAI DISCERNEMENT CHERCHE LA GLOIRE DE DIEU, PAS LA SIENNE
C. LE VRAI DISCERNEMENT CHERCHE LA GLOIRE DE DIEU, PAS LA SIENNE
Jésus ne s’arrête pas au verset 17.
Il poursuit :
« Celui qui parle de sa propre initiative cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé est vrai, et il n’y a pas d’injustice en lui. »
(Jean 7.18)
Voilà un critère essentiel de discernement.
Jésus distingue deux orientations.
La première cherche sa propre gloire.
La seconde cherche la gloire de Dieu.
La question n’est donc plus seulement :
« Cet enseignement est-il impressionnant ? »
Mais :
« Vers qui conduit-il ? »
Est-ce qu’il met en valeur le messager ?
Ou est-ce qu’il conduit au Père ?
Est-ce qu’il nourrit l’admiration pour une personnalité ?
Ou est-ce qu’il suscite l’obéissance à Dieu ?
Est-ce qu’il entretient une dépendance envers un homme ?
Ou est-ce qu’il attache les croyants à Christ ?
Jésus affirme que son enseignement est vrai parce que tout son être est tourné vers la gloire du Père.
Il ne parle pas pour construire sa réputation.
Il ne cherche pas à séduire son auditoire.
Il ne modifie pas la vérité pour être accepté.
Il accomplit la mission de celui qui l’a envoyé.
Et cela rejoint directement 2 Timothée 3.
Les faux enseignants captivent.
Ils cherchent une influence.
Ils exploitent les fragilités.
Ils possèdent une forme de piété, mais en renient la puissance.
Jésus, lui, libère.
Il ne parle pas pour que les hommes deviennent captifs de sa personnalité au sens humain.
Il parle pour les conduire au Père.
Le véritable enseignant ne prend pas la place de Dieu.
Il aide le peuple à reconnaître Dieu.
Illustration : le panneau indicateur
Illustration : le panneau indicateur
Un panneau sur la route a une seule fonction.
Il indique une direction.
Personne ne s’arrête devant un panneau pour admirer le panneau pendant trois heures.
Le panneau n’est pas la destination.
Il sert la destination.
Jean-Baptiste avait compris cela.
Lorsqu’on lui demande qui il est, il refuse de prendre une place qui n’est pas la sienne.
Il dit :
« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert. »
Puis, lorsqu’il voit Jésus :
« Voici l’Agneau de Dieu. »
Et plus tard :
« Il faut qu’il croisse et que je diminue. »
Voilà le cœur d’un véritable serviteur.
Il ne dit pas :
« Regardez-moi. »
Il dit :
« Regardez l’Agneau. »
Il ne construit pas des disciples autour de son nom.
Il conduit les hommes à Jésus.
Application à l’Église
Application à l’Église
Dans un monde saturé de prédicateurs, de podcasts, de ministères, de plateformes et d’influence, Jean 7.18 nous donne une question simple :
Qui reçoit la gloire ?
Après avoir écouté un enseignement, suis-je davantage impressionné par l’orateur…
ou davantage attaché à Jésus ?
Ai-je envie de connaître la personnalité…
ou d’obéir au Seigneur ?
Est-ce que le message nourrit ma dépendance envers un homme…
ou ma communion avec Dieu ?
Et cette question ne concerne pas uniquement les prédicateurs.
Elle nous concerne tous.
Pourquoi est-ce que je sers ?
Pourquoi est-ce que je chante ?
Pourquoi est-ce que je prêche ?
Pourquoi est-ce que je donne ?
Pourquoi est-ce que je publie ?
Pourquoi est-ce que je veux être reconnu ?
Est-ce que je cherche la gloire de celui qui m’a envoyé…
ou ma propre gloire ?
Parce qu’un cœur qui cherche sa propre gloire finira toujours par tordre la vérité pour se protéger.
Mais un cœur qui cherche la gloire de Dieu peut accepter d’être repris.
Il peut reconnaître ses torts.
Il peut diminuer.
Il peut changer d’avis.
Il peut dire :
« Je me suis trompé. »
Pourquoi ?
Parce que son identité ne dépend plus d’avoir toujours raison.
Elle dépend de Christ.
ÉSAÏE 5 : CÉLÉBRER DIEU SANS REGARDER SON ŒUVRE
ÉSAÏE 5 : CÉLÉBRER DIEU SANS REGARDER SON ŒUVRE
C’est ici qu’Ésaïe 5 apporte une lumière solennelle.
Le prophète décrit un peuple entouré de musique, de fêtes et d’abondance :
« La harpe et la lyre, le tambourin et la flûte accompagnent leurs beuveries, mais ils ne regardent pas ce que fait le Seigneur et ne voient pas ce que ses mains accomplissent. »
Puis il ajoute :
« C’est pourquoi mon peuple sera déporté, faute de connaissance. »
Le peuple n’est pas sans culture religieuse.
Il connaît l’Éternel.
Il connaît son histoire.
Il connaît les fêtes.
Mais il ne regarde plus ce que Dieu fait.
Il ne discerne plus l’action de ses mains.
Voilà la tragédie.
Il est possible de chanter…
sans regarder.
De célébrer…
sans discerner.
De maintenir une activité religieuse…
tout en étant devenu insensible à l’œuvre réelle de Dieu.
Et c’est exactement ce qui se produit dans Jean.
Le paralytique de Jean 5 attend une puissance dans l’eau.
La puissance personnelle de Dieu se tient devant lui en Jésus.
Les chefs religieux attendent le Messie.
Le Messie enseigne devant eux.
Ils connaissent les jours de fête.
Ils connaissent les règles du sabbat.
Ils connaissent les Écritures.
Mais ils ne voient pas ce que les mains de Dieu accomplissent.
Ils sont tellement attachés à leur compréhension de Dieu…
qu’ils ne reconnaissent plus Dieu lorsqu’il agit autrement que prévu.
Application pastorale
Application pastorale
C’est une question importante pour une assemblée.
Pouvons-nous être attachés à une manière de faire…
au point de ne plus reconnaître ce que Dieu fait ?
Pouvons-nous aimer une forme…
plus que la présence de Dieu ?
Une habitude…
plus que l’obéissance ?
Une tradition…
plus que la mission ?
Cela ne signifie pas que toute nouveauté vient de Dieu.
Le discernement demeure nécessaire.
Mais cela signifie que nous ne devons jamais confondre Dieu avec nos habitudes.
Dieu est fidèle à sa Parole.
Mais il n’est pas prisonnier de nos méthodes.
Le vrai discernement tient les deux ensemble :
Il ne court pas derrière toutes les nouveautés.
Et il ne rejette pas automatiquement tout ce qui dérange ses habitudes.
Il revient à l’Écriture avec un cœur soumis et demande :
« Seigneur, est-ce toi ? »
« Est-ce conforme à ta Parole ? »
« Est-ce que cela glorifie Christ ? »
« Est-ce que cela produit la sainteté, l’amour, la vérité et la mission ? »
TRANSITION VERS LA CONCLUSION
TRANSITION VERS LA CONCLUSION
Nous pouvons maintenant répondre à la question qui a guidé tout ce message.
Pourquoi des hommes qui connaissaient parfaitement les Écritures n’ont-ils pas reconnu le Fils de Dieu lorsqu’il se tenait devant eux ?
Ce n’est pas parce qu’ils manquaient de textes.
Ce n’est pas parce qu’ils manquaient d’intelligence.
Ce n’est même pas parce que Jésus n’avait pas donné assez de signes.
Ils ne l’ont pas reconnu parce qu’ils cherchaient autre chose que Dieu.
Ils protégeaient leur système.
Leur statut.
Leur gloire.
Leur manière de comprendre.
Et Jésus leur révèle que la véritable connaissance commence dans un cœur qui dit :
« Père, je veux faire ta volonté. »
La connaissance biblique n’est donc pas l’ennemie de l’obéissance.
Elle est destinée à l’engendrer.
Et l’obéissance n’est pas un supplément réservé aux chrétiens les plus engagés.
Elle est le lieu où la vérité devient vivante en nous.
