CONNECTÉ MAIS INJOIGNABLE
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INTRODUCTION
INTRODUCTION
Savez-vous qu’il est possible d’être connecté tout en étant injoignable ?
Je ne parle pas du fait de ne jamais répondre à son téléphone parce que ça c’est une autre question. Mais de ces fameux modes qui sont apparus il y a quelques temps déjà qui nous permettent d’être connecté mais sans être dérangé :
ne pas déranger,
etc…
Quand on active ce mode le téléphone reste allumé et connecté au réseau. Les applications continuent de fonctionner, les messages et les appels peuvent même continuer d’arriver.
Mais une chose a changé : seul les contacts autorisés ont le droit de m’interrompre.
On est encore connecté, mais pour la grande parties des gens nous sommes devenu injoignable.
> C’est tout mon propos cet après-midi. Parfois nos vies chrétiennes sont devenues semblable à cela.
Nous n’avons pas supprimé Dieu de nos contacts, nous n’avons pas abandonné l’Église, nous sommes capables de chanter, de prier, d’assister à un camp de jeunesse, parfois même de servir voire de parler de Dieu.
Extérieurement, tout paraît connecté, mais intérieurement, nous avons placé Dieu en mode “ne pas déranger”.
Nous avons fait de Dieu l’hôte silencieux de nos vies. Nous voulons qu’il soit là, qu’il console, bénisse, nous secours dans les urgences. Mais pas qu’il nous contredise, qu’il bouleverse nos projets ou qu’il gouverne notre quotidien.
Et c’est pourquoi ce soir j’ai choisi de partager avec vous l’histoire d’un homme de l’A.T qu’on connait surement tous : samson.
L’histoire d’un homme extraordinairement appelé, puissamment utilisé, visiblement consacré… mais qui finit par être profondément déconnecté de la source de sa force sans même s’en rendre compte.
18 Delila, voyant qu’il lui avait ouvert tout son cœur, envoya appeler les princes des Philistins, et leur fit dire: Montez cette fois, car il m’a ouvert tout son cœur. Et les princes des Philistins montèrent vers elle, et apportèrent l’argent dans leurs mains. 19 Elle l’endormit sur ses genoux. Et ayant appelé un homme, elle rasa les sept tresses de la tête de Samson, et commença ainsi à le dompter. Il perdit sa force. 20 Elle dit alors: Les Philistins sont sur toi, Samson! Et il se réveilla de son sommeil, et dit: Je m’en tirerai comme les autres fois, et je me dégagerai. Il ne savait pas que l’Eternel s’était retiré de lui. 21 Les Philistins le saisirent, et lui crevèrent les yeux; ils le firent descendre à Gaza, et le lièrent avec des chaînes d’airain. Il tournait la meule dans la prison.
Le récit atteint son sommet tragique dans cette phrase : « Il ne savait pas que l’Éternel s’était retiré de lui. »
Le problème de Samson n’est pas seulement d’avoir perdu sa force. Son problème, c’est qu’il ne sait même pas que quelque chose a changé.
Pour comprendre comment il en est arrivé là, il faut regarder toute sa trajectoire.
> Au commencement de Juges 13, Israël est sous la domination des Philistins depuis quarante ans. Habituellement, dans le livre des Juges, lorsque le peuple souffre, il finit par crier à Dieu.
Mais cette fois-ci, Israël ne crie même plus.
Le peuple s’est tellement habitué à sa domination qu’il ne ressent plus son besoin de délivrance. Israël vit déconnecté de Dieu, sans ressentir le manque de Dieu.
Et Samson va devenir le miroir de cette génération : consacré à Dieu, mais attiré par le monde philistin ; appelé à délivrer Israël, mais gouverné par ses intérêts personnels ; visiblement puissant, mais intérieurement faible.
Son histoire va nous révéler trois réalités.
1. ON PEUT CONSERVER LES SIGNES DE LA CONNEXION SANS VIVRE LA COMMUNION
1. ON PEUT CONSERVER LES SIGNES DE LA CONNEXION SANS VIVRE LA COMMUNION
1.1. Samson possède un appel incontestable
1.1. Samson possède un appel incontestable
Samson n’est pas un homme ordinaire.
Avant même sa naissance, l’ange de l’Éternel annonce à sa mère : « Le jeune garçon sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère, et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins » (Juges 13.5).
Samson n’a pas inventé sa vocation. Il a réellement été appelé par Dieu.
Juges 13.24-25 ajoute : « L’enfant grandit, et l’Éternel le bénit. Et l’Esprit de l’Éternel commença à l’agiter. »
Tout commence magnifiquement.
Samson possède :
une naissance miraculeuse ;
une vocation clairement annoncée ;
une consécration visible ;
la bénédiction de Dieu ;
l’action de l’Esprit dans sa vie.
Aucun autre juge ne commence son ministère avec autant de potentiel.
Si Samson avait présenté son curriculum vitæ spirituel, tout le monde aurait été impressionné.
Et pourtant, un appel incontestable ne garantit pas automatiquement une communion entretenue.
Tu peux avoir reçu un appel. Tu peux avoir vécu une expérience avec Dieu. Tu peux avoir été élevé dans une famille chrétienne. Tu peux connaître des chants, des versets et le langage de l’Église.
Tout cela peut être vrai, sans que ta relation avec Dieu soit vivante aujourd’hui.
Une ancienne rencontre avec Dieu ne peut pas remplacer une communion actuelle avec Dieu.
1.2. Samson expérimente une puissance authentique
1.2. Samson expérimente une puissance authentique
À plusieurs reprises, le texte affirme : « L’Esprit de l’Éternel fondit sur lui. »
En Juges 14.6, l’Esprit de Dieu saisit Samson, et il déchire un lion à mains nues.
En Juges 14.19, l’Esprit de Dieu vient sur lui avec puissance, et il frappe trente Philistins.
En Juges 15.14, l’Esprit de Dieu fond sur lui, et les cordes qui l’attachent deviennent comme du lin brûlé.
La puissance est réelle. Les victoires sont réelles. L’action de l’Esprit est réelle.
Dans le texte hébreu, l’expression décrit une intervention soudaine et puissante de l’Esprit de Dieu. L’Esprit équipe Samson pour accomplir une mission particulière.
Mais voilà ce que le récit nous oblige à comprendre : L’action de l’Esprit à travers une personne ne signifie pas nécessairement que tout va bien à l’intérieur de cette personne.
Le don spirituel ne garantit pas la maturité spirituelle.
La puissance ne garantit pas le caractère.
Le fait que Dieu accomplisse quelque chose à travers moi ne signifie pas que Dieu approuve tout ce qui se développe en moi.
Cela nous trouble parfois dans le récit. Samson se met en colère, il agit violemment, et l’Esprit de Dieu lui donne de la force.
Mais il ne faut pas tout confondre.
La puissance vient de Dieu ; la colère appartient à Samson.
Dieu poursuit souverainement son projet contre les Philistins, mais il ne valide ni l’orgueil, ni l’impulsivité, ni les désordres de Samson.
Dieu peut se servir de nous malgré nos failles, mais sa patience ne doit jamais être interprétée comme son approbation.
1.3. Samson demeure gouverné par ses pulsions
1.3. Samson demeure gouverné par ses pulsions
Samson est un homme extraordinairement fort physiquement, mais profondément faible intérieurement.
Tim Keller a décrit Samson en ses mots : C’est un homme violent, impulsif, accro au sexe, émotionnellement immature et égoïste.
Il peut déchirer un lion, mais il ne sait pas maîtriser ses désirs.
Il peut arracher les portes d’une ville, mais il ne sait pas fermer la porte à la tentation.
Il peut vaincre mille Philistins, mais il ne parvient pas à se vaincre lui-même.
Dans Juges 14.1, Samson descend à Timna et voit une femme philistine. Il remonte vers ses parents et leur dit : « J’ai vu à Timna une femme parmi les filles des Philistins ; prenez-la maintenant pour ma femme. »
Ses parents essaient de le raisonner : « N’y a-t-il pas de femme parmi les filles de tes frères et dans tout notre peuple ? »
Mais Samson répond : « Prends-la pour moi, car elle me plaît. »
Littéralement : « Elle est juste à mes yeux. »
Samson ne demande pas : « Est-ce juste devant Dieu ? »
Il demande : « Est-ce que cela me plaît ? »
Ses yeux voient. Son désir parle. Sa volonté commande. Et tout le reste doit suivre.
Voilà son véritable problème : l’Esprit agit ponctuellement sur lui, mais Dieu ne gouverne pas continuellement ses choix.
Samson expérimente des impulsions de puissance, mais il ne vit pas dans une dépendance constante.
Spirituellement, nous pouvons connaître la même contradiction : être touchés pendant un culte, bouleversés pendant un camp, puissamment utilisés dans un service, puis reprendre dès le lendemain une vie entièrement conduite par nos propres désirs.
Illustration
Illustration
Un téléphone déconnecté peut encore diffuser une musique qui a été téléchargée auparavant. Pendant un moment, tout semble fonctionner. Mais il ne reçoit plus rien de nouveau. Il fonctionne sur ce qui a été chargé hier.
Certaines vies chrétiennes fonctionnent ainsi :
une ancienne visitation ;
une ancienne conviction ;
un ancien camp ;
une ancienne parole ;
une ancienne passion pour Dieu.
Mais le souvenir d’une connexion n’est pas une connexion.
La première question est donc : Est-ce que je reçois encore quelque chose de Dieu aujourd’hui, ou est-ce que je vis uniquement sur ce qui a été téléchargé autrefois ?
2. LA DÉCONNEXION PROGRESSE PAR DES CHOIX RÉPÉTÉS
2. LA DÉCONNEXION PROGRESSE PAR DES CHOIX RÉPÉTÉS
Samson ne s’est pas réveillé un matin en disant : « Aujourd’hui, je vais abandonner Dieu. »
Sa déconnexion s’est installée progressivement.
Elle s’est construite par une série de petites décisions dans lesquelles Samson a choisi ses désirs plutôt que la voix de Dieu.
2.1. Samson choisit ce qui est juste à ses yeux
2.1. Samson choisit ce qui est juste à ses yeux
Cette expression, « elle est juste à mes yeux », est essentielle.
À la fin du livre des Juges, nous lisons : « Chacun faisait ce qui lui semblait bon » — littéralement : « ce qui était juste à ses yeux » (Juges 21.25).
Samson incarne déjà cette mentalité.
> Il est appelé par Dieu, mais il demeure l’autorité finale de sa propre existence.
Dieu peut parler, mais Samson décide.
Ses parents peuvent conseiller, mais Samson tranche.
Sa consécration peut lui imposer des limites, mais Samson choisit ce qui lui plaît.
C’est exactement le cœur du mode « Ne pas déranger » spirituel : Dieu est encore présent, mais je conserve le contrôle des notifications.
J’écoute Dieu lorsqu’il confirme mes envies. Je rends sa voix silencieuse lorsqu’elle contredit mes choix.
Notre génération utilise souvent des phrases comme :
« C’est ce que je ressens. »
« C’est ma vie. »
« Cela me semble juste. »
« Je suis mon cœur. »
« Personne ne peut décider pour moi. »
Nos sentiments sont importants, mais ils ne sont pas infaillibles.
Le cœur peut ressentir intensément quelque chose qui nous éloigne profondément de Dieu.
Un Dieu qui ne peut jamais me contredire n’est plus mon Seigneur. Il est devenu le reflet de mes préférences.
2.2. Samson fait taire les avertissements
2.2. Samson fait taire les avertissements
Tout au long du récit, Dieu place des avertissements sur le chemin de Samson.
Ses parents l’avertissent concernant son mariage avec une Philistine.
Sa consécration de naziréen lui rappelle qu’il appartient à Dieu.
Le lion mort et le miel qu’il en retire lui rappellent les limites liées à l’impureté.
Ses relations successives lui montrent sa vulnérabilité.
Dalila lui demande ouvertement le secret de sa force. Puis, à trois reprises, elle utilise contre lui ce qu’il lui a révélé.
Chaque fois, elle crie : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! »
Samson a donc reçu plusieurs avertissements. Il connaît les intentions de Dalila. Il voit les pièges se refermer. Pourtant, il reste avec elle.
Pourquoi ?
Le texte ne nous donne pas toutes ses motivations psychologiques. Mais il nous montre quelque chose : Samson s’estime invulnérable.
Il pense pouvoir jouer avec la limite sans jamais la franchir.
Il pense pouvoir s’approcher du piège sans être capturé.
Il pense pouvoir désobéir sans perdre quoi que ce soit.
Et c’est souvent ainsi que commence une déconnexion spirituelle.
Une première conviction est ignorée.
Une limite est légèrement déplacée.
Une habitude secrète est justifiée.
Une relation dangereuse est maintenue.
Une parole biblique qui dérange est relativisée.
Au départ, notre conscience parle fortement. Mais à force de ne pas répondre, nous devenons moins sensibles.
Illustration
Illustration
Le mode « Ne pas déranger » peut être personnalisé. On peut choisir les personnes autorisées à nous joindre et les applications que nous voulons faire taire.
Nous faisons parfois la même chose avec Dieu :
« Seigneur, tu peux me parler de mon ministère, mais pas de cette relation. »
« Tu peux me parler de mon avenir, mais pas de ma sexualité. »
« Tu peux me consoler, mais ne touche pas à mon orgueil. »
« Tu peux bénir mes projets, mais ne me demande pas de les abandonner. »
« Tu peux me parler pendant le camp, mais pas déranger mes habitudes après le camp. »
Nous n’avons pas bloqué Dieu complètement. Nous avons simplement décidé dans quels domaines sa voix est encore autorisée.
Alors posons-nous honnêtement cette question : Dans quel domaine de ma vie ai-je placé Dieu en mode « Ne pas déranger » ?
2.3. Samson transforme la grâce en acquis
2.3. Samson transforme la grâce en acquis
Juges 16 nous conduit chez Dalila.
Après avoir joué plusieurs fois avec elle, Samson finit par lui ouvrir tout son cœur. Il lui révèle qu’il est consacré à Dieu depuis le ventre de sa mère et que ses cheveux n’ont jamais été coupés.
Dalila l’endort sur ses genoux et fait couper ses cheveux.
Mais le plus étonnant est la réaction de Samson lorsqu’il se réveille : « Je m’en sortirai comme les autres fois, et je me dégagerai. »
Samson ne se lève pas en disant : « Seigneur, aide-moi. »
Il dit : « Je m’en sortirai. »
Cette phrase révèle ce qui s’est progressivement installé dans son cœur.
Samson ne considère plus sa force comme un don à recevoir de Dieu. Il la considère comme une possession qui lui appartient.
Il ne pense plus avoir besoin de dépendre. Il pense que cela fonctionnera automatiquement.
Ses cheveux n’étaient pas magiques. Ils étaient le signe visible de sa consécration. La véritable source de sa force était Dieu.
Mais Samson a tellement souvent bénéficié de la grâce qu’il a fini par considérer cette grâce comme un droit.
> Et nous pouvons faire exactement la même chose.
Parce que Dieu nous a bénis hier, nous supposons qu’il nous bénira automatiquement demain.
Parce qu’il nous a utilisés autrefois, nous pensons pouvoir continuer sans entretenir notre communion avec lui.
Nous pouvons même transformer les disciplines spirituelles en mécanisme :
je prie pour obtenir ;
je lis ma Bible pour mériter ;
je vais à l’Église pour que tout se passe bien ;
je suis la bonne recette pour obliger Dieu à me bénir.
Notre approche devient machinale plutôt que relationnelle.
Mais nous ne prions pas pour manipuler Dieu. Nous prions parce que nous dépendons de lui.
Nous ne lisons pas la Bible pour soutirer une bénédiction. Nous la lisons pour connaître celui qui nous bénit.
Nous ne servons pas afin de prouver que nous sommes forts. Nous servons parce que, sans lui, nous ne pouvons rien faire.
La bénédiction de Dieu ne doit jamais devenir un prétexte pour oublier notre dépendance envers Dieu.
Et c’est alors que tombe la phrase tragique : « Il ne savait pas que l’Éternel s’était retiré de lui. »
À force de considérer la grâce comme un acquis, Samson n’est même plus capable de percevoir son absence.
3. LA RECONNEXION DURABLE COMMENCE PAR UNE DÉPENDANCE RETROUVÉE
3. LA RECONNEXION DURABLE COMMENCE PAR UNE DÉPENDANCE RETROUVÉE
3.1. Il faut reconnaître la déconnexion
3.1. Il faut reconnaître la déconnexion
La phrase la plus grave du récit n’est pas seulement : « L’Éternel s’était retiré de lui. »
C’est : « Il ne le savait pas. »
Samson possède encore la même assurance, mais il ne possède plus la même réalité.
Il reproduit les gestes d’hier, mais la puissance d’hier n’est plus là.
Il pense que rien n’a changé parce que tout a toujours fonctionné.
La crise ne crée pas sa déconnexion. La crise la révèle.
C’est comme un message que nous écrivons et que nous essayons d’envoyer sans réseau. Ce n’est qu’en voyant la mention « non distribué » que nous découvrons une déconnexion déjà présente.
La véritable alerte spirituelle apparaît lorsque je peux :
vivre sans prier sans que Dieu me manque ;
lire la Bible sans jamais me laisser reprendre ;
désobéir sans éprouver de combat ;
pécher sans conviction ;
servir sans dépendance ;
m’éloigner sans ressentir de douleur.
Le plus inquiétant n’est pas seulement d’être loin de Dieu ; c’est d’être loin de lui sans ressentir son absence.
> Je ne suis pas en train d’affirmer qu’à la moindre désobéissance le Saint-Esprit quitte automatiquement le chrétien comme on perd un réseau téléphonique. Samson appartient à une période particulière de l’histoire biblique, où l’Esprit équipe ponctuellement certains hommes pour une mission.
Mais son histoire nous avertit contre une illusion universelle : celle de vivre aujourd’hui en présumant de la grâce reçue hier.
Si ce soir ta tiédeur t’inquiète encore, si ton éloignement te fait souffrir, si ton péché te pèse, cette conviction n’est pas ton ennemie.
Elle est peut-être précisément le signe que Dieu est encore en train de t’appeler.
La reconnexion commence donc par une prière honnête : « Seigneur, montre-moi où j’en suis réellement avec toi. »
3.2. Il faut passer de la présomption à la prière
3.2. Il faut passer de la présomption à la prière
L’histoire de Samson ne se termine pas au verset 20.
Juges 16.22 déclare : « Cependant, les cheveux de sa tête recommençaient à pousser. »
Ses cheveux ne constituent pas une recharge magique. Ce verset est un signe discret d’espérance : au milieu des conséquences, la grâce de Dieu n’a pas encore prononcé son dernier mot.
Samson a perdu ses yeux. Il est devenu prisonnier. L’homme qui allait partout où il voulait doit maintenant être conduit par la main. Celui qui humiliait les autres devient un objet de spectacle.
Les conséquences de ses choix sont réelles.
Mais, à la fin du récit, Samson prie : « Seigneur Éternel, souviens-toi de moi, je te prie ; ô Dieu, donne-moi de la force seulement cette fois » (Juges 16.28).
Sa prière n’est pas parfaite. Elle contient encore un profond désir de vengeance personnelle. Samson n’est pas soudainement devenu un modèle de maturité.
Mais quelque chose a changé dans son langage.
Avant, il disait : « Je m’en sortirai. »
Maintenant, il dit : « Seigneur, souviens-toi de moi. »
Avant, il présumait de sa force.
Maintenant, il demande de la recevoir.
Avant, il fonctionnait automatiquement.
Maintenant, il prie.
Voilà le commencement de la reconnexion.
La reconnexion commence lorsque je cesse de dire : « Je vais m’en sortir », et que je reconnais : « Seigneur, j’ai besoin de toi. »
Elle ne commence pas par une émotion forte. Elle commence par la vérité.
Elle commence lorsque je nomme mon péché, lorsque je reconnais mon autonomie, lorsque je réponds à la conviction que j’ai repoussée et lorsque j’obéis à ce que Dieu m’a déjà montré.
3.3. Il faut passer des impulsions ponctuelles au flux continu
3.3. Il faut passer des impulsions ponctuelles au flux continu
Samson a connu plusieurs interventions puissantes de l’Esprit.
L’Esprit venait sur lui pour une action précise : affronter un lion, briser des liens, vaincre des ennemis.
Le problème n’est pas l’action ponctuelle de l’Esprit. Ces interventions venaient réellement de Dieu et correspondaient à la mission particulière de Samson.
Le problème est que Samson a reçu la puissance pour certains moments sans laisser Dieu gouverner l’ensemble de sa vie.
Il expérimentait la puissance dans les crises, mais choisissait seul dans son quotidien.
Et voilà le danger pour nous : rechercher constamment une nouvelle impulsion sans construire une communion durable.
Nous voulons :
un moment fort pendant un camp ;
une visitation pendant un chant ;
une parole qui nous bouleverse ;
une prière qui nous relève ;
une nouvelle expérience de l’Esprit.
Ces moments peuvent être vrais, précieux et nécessaires.
Mais une impulsion peut te faire avancer pendant un instant ; seul un flux continu peut nourrir durablement ta vie.
Jésus emploie précisément l’image du fleuve lorsqu’il parle du Saint-Esprit :
38 Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture.
Et Paul déclare :
25 Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit.
Remarquons la différence : il ne dit pas seulement « recevons une expérience de l’Esprit », mais « marchons selon l’Esprit ».
Marcher suppose une continuité.
Marcher, c’est lundi matin, mardi après-midi, vendredi soir.
Marcher, c’est laisser l’Esprit gouverner nos relations, notre sexualité, notre argent, notre téléphone, nos ambitions, nos blessures et nos choix.
Un moment avec l’Esprit peut nous toucher ; une marche avec l’Esprit finit par nous transformer.
Pour entretenir cette connexion durable, trois décisions sont nécessaires.
Premièrement, retrouver un rythme quotidien avec Dieu.
Pas pour suivre une recette, mais pour demeurer joignable : un temps de Parole, de prière sincère et de silence où Dieu peut nous parler.
Deuxièmement, rendre à Dieu l’accès à tous les domaines.
Désactiver les filtres. Ne plus lui dire : « Tu peux entrer ici, mais pas là. » La communion grandit lorsque la voix de Dieu reçoit une réponse d’obéissance.
Troisièmement, marcher avec d’autres.
Samson refuse les conseils de ses parents, garde ses secrets et s’isole dans ses désirs. Une foi durable ne se construit pas seul. Nous avons besoin d’une Église, de frères et de sœurs, et d’une personne mature capable de nous poser les questions que nous préférerions éviter.
Le but de ce camp n’est donc pas seulement que tu reçoives une nouvelle impulsion ce soir.
> Le but est que tu retrouves une communion qui continuera demain.
CONCLUSION ET APPEL
CONCLUSION ET APPEL
Samson possédait l’appel, la consécration, les expériences, les dons et les souvenirs.
Mais il avait progressivement placé Dieu en mode « Ne pas déranger ».
Il écoutait ses yeux plutôt que la voix de Dieu.
Il jouait avec les avertissements.
Il transformait la grâce en acquis.
Et un jour, il s’est levé en disant : « Je m’en sortirai comme les autres fois. »
Mais il ne savait pas.
Ce soir, je ne te demande pas seulement :
« Es-tu chrétien ? »
Je te demande :
« Dieu peut-il encore t’interrompre ? »
Peut-il contredire une relation ?
Peut-il reprendre une habitude ?
Peut-il modifier un projet ?
Peut-il te parler de ta sexualité ?
Peut-il toucher à ton orgueil ?
Peut-il te demander de pardonner ?
Peut-il t’appeler à lui obéir ?
Dans quel domaine l’as-tu placé en mode « Ne pas déranger » ?
Et surtout : vis-tu d’une communion présente, ou seulement du souvenir des autres fois ?
Je vous invite maintenant à poser vos téléphones, à fermer les yeux et à rester quelques instants en silence.
Ne réponds pas d’abord à ma voix. Écoute ce que Dieu est en train de mettre en lumière.
Demande-lui :
« Seigneur, dans quel domaine suis-je devenu injoignable ? »
Puis réponds-lui :
« Seigneur, je ne veux plus vivre uniquement des impulsions d’hier.
Je ne veux plus présumer de ta grâce.
Je ne veux plus dire : “Je m’en sortirai comme les autres fois.”
Rends mon cœur sensible à ta voix.
Reprends l’accès à toute ma vie.
Apprends-moi à dépendre de toi, à marcher selon ton Esprit et à demeurer connecté à la véritable Source. »
